CHEFS DU PARLEMENT. IT
la résolution de détruire les Parlements. A peine la Chambre des Communes s'était séparée, et déjà à lïamptoncourt, à Whiteliall, partout où se rassemblait la cour, les papistes secrets ou déclarés, les prédicateui-s et les serviteurs du pouvoir absolu, les hommes d'intrigue ou de plaisir, indifférents cà toute croyance, se félicitaient réciproquement de leur triomphe; tandis qu'à la Tour et dans les principales prisons de Londres et des comtés, les défenseurs des droits publics, traités à la fois avec dédain et rigueur, étaient détenus et accusés pour ce qu'ils avaient dit ou fait dans le sanctuaire inviolable du Parlement*. Ils réclamaient leurs privilèges, leur mise en hberté sous caution, et les juges hésitaient à répondre; mais le Roi mandait les juges*, et les requêtes des prisonniers étaient repoussées. Le courage ne leur manqua point dans cette épreuve; la plupart refusèrent de s'avouer coupables d'aucun tort et de payer Tamende à laquelle on les condamna. Ils aimèrent mieux rester en prison. Sir Joim EUiot devait y mourir.
Tant que dura cette procédure, la colère pid)liqufc alla croissant et ne craignit pas de se manifester. C'était une sorte de prolongation du Parlement, vaincu et dispersé, mais luttant encore, devant les juges du pays, par l'organe de ses chefs. La fermeté des accusés entre-
* Les membres de la Chambre des Communes arrctés et poursuivis étaient : Hollis, sir Miles Hobart, ^ ir John EUiot, sir Peter llayinan, Selden, Coriton, Long, Slrode et Valeniine. Stale-TriaJs. t. II r, col. i23r>335.
« En septembre 1629. OldParliam. Hisl., t. VIII, p. TA.
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Irelenait l'ardeur du peuple; il les voyait passer et repasser de la Tour à Westminster, elles accompagnait de ses acclamations et de ses vœux. L'anxiété visible des juges laissait même subsister quelque attente. Tout était perdu, disait-on; et pourtant on continuait d'espérer et de craindre, comme au milieu du combat.
Mais ces grands procès finirent. Effrayés ou séduits, quelques-uns des accusés payèrent leur amende, et condamnés à vivre à dix milles au moins de la résidence royale, allèrent cacher leur faiblesse dans leurs comtés. La noble persévérance des autres fut enfouie au fond des cachots. Le peuple, qui ne voyait et n'entendait plus rien, se tut et disparut à son tour. Le pouvoir, qui ne rencontrait plus d'adversaires, se crut maître du pays dont il venait de se séparer. Charles se hâta de faire la paix avec la France * et l'Espagne ', et se vit enfin au dedans sans rivaux, au dehors sans ennemis.
Quelque temps le gouvernement fut facile. Les citoyens ne s'occupaient plus que de leurs intérêts privés; aucun grand débat, aucune vive émotion n'agitait les gentilshommes dans les réunions de comtés, les bour- ^Tois dans les assemblées municipales, les matelots sur les ports, les apprentis dans les ateliers. Ce n'est pas que la nation languît dans l'apathie; son activité avait pris un autre cours; on eût dit qu'elle oubliait dans le travail les revers de la liberté. Plus hautain qu'ar-
i 14. avril 1629.
■ 5 novembre 1630.