LA COUR
dent, le despotisme de Charles la troublait peu dans ce nouvel élat ; ce prince ne méditait point de vastes desseins, n'avait nul besoin d'une gloire forte et hasardeuse; il lui suffisait de jouir avec majesté de son pouvoir et de son rang. La paix le dispensait d'exiger du peuple de pesants sacrifices ; et le peuple se livrait à l'agriculture, au commercera l'étude, sans qu'une tyrannie ambitieuse et agitée vînt chaque jour gêner ses efforts et compromettre ses intérêts. Aussi la prospérité publique se développait rapidement : l'ordre régnait entre les citoyens, et cet état florissant et réguher donnait au pouvoir l'apparence de la sagesse, au pays celle de la résignation *.
Ce fut près du trône et parmi ses serviteurs que recommencèrent les embarras du gouvernement. Dès que la lutte du Roi et du peuple parut cahnée, deux .partis se disputèrent le despotisme naissant, la Reine et les ministres, la cour et le Conseil.
A peine arrivée en Angleterre, la Reine n'avait point caché l'ennui que lui inspirait sa nouvelle patrie. Religion, institutions, coutumes, langage, tout lui déplaisait; elle avait même, peu après leur union, traité sou mari avec une puérile insolence; et Charles, poussé à bout par l'explosion passionnée de son humeur, se vit forcé un jour de renvoyer sur le continent quelques-uns des serviteurs qu'elle avait amenés -. Le plaisir de régner
* Clarendon, Hist. of Ihe relelL, 1. 1, p. 126 et suiv.
* £û juillet 162C. Voyez les Eclaircissements et pic^'.es historiquei