CARACTERE ET CONDUITE
ItOMvait seul la consoler de ne plus vivre en France ; elle y compta dès qu'elle cessa de craindre le Parlement. D'un esprit agréable et vif, elle acquit bientôt sur un jeune Roi de mœurs très-pures un ascendant qu'il accepta avec une sorte de reconnaissance, et comme touché qu'elle consentît à se trouver bien auprès de lui. Mais le bonheur de la vie domestique, cher à l'âme sérieuse de Charles, ne pouvait suffire au caractère léger, remuant et sec dHenrielte-Marie; il lui fallait un empire avoué, arrogant, l'honneur de tout savoir, de tout régler, le pouvoir enfin, tel qu'une femme capricieuse le veut exercer. Autour d'elle se ralhaient d'une part les papistes, de l'autre les ambitieux frivoles, les intrigants, les jeunes courtisans qui étaient allés apprendre à Pai'is le secret de lui plaire. Les uns et les autres faisaient profession d'attendre d'elle seule, ceux-ci leur fortune, ceux-là le triomphe ou du moins la délivrance de la foi. • C'était dans sa maison que les catholiques 'et les émissaires de Rome venaient traiter de leurs plus secrètes espérances : ses favoris y étalaient les idées, les mœurs, les modes des cours du continent '. Tout y était étranger et offensant pour les croyances et les habitudes du pays ; chaque jour s'y révélaient des projets et des prétentions qui ne pouvaient se satisfaire que par des mesures illégales ou des faveurs abusives. La Reine s'associait à ces
joints aux Mémoires de Ludlow, t. I, p. 437, dans ma Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de laRévoluiion d' Angleterre. 1 May, 2T<st. du Long Pari., t. I, p. 48, dans ma Ct Ueciio».