CHARLES I" ET SA COUR
les habitudes de la cour, les préroj^atives des officiers du palais lui paraissaient d'importautes considérations dont les intérêts politiques de sa couronne ne pouvaient exiger Toubli. De là naissaient, pour ses ministres, de petits mais continuels embarras, où le Roi les laissait succomber, croyant faire assez pour eux et pour luimême en les n)aintenant dans leur emploi. Ils étaient chargés d'exercer le pouvoir absolu, et la force leur manquait, dès qu'ils réclamaient quelque sacrifice domestique, quelque mesure contraire aux formes et aux règles de Whitehall. Tant que dura son gouvernement d'Irlande, Stralford fut obligé de se consumer en explications, en ai)ologies; tantôt il avait parlé légèrement de la Reine, tantôt quelque famille accréditée se plaignait de sa hauteur; il fallait qu'il justifiât ses paroles, ses manières, son caractère; que, de Dublin, il répondît aux propos tenus, aux bruits répandus sur son compte dans le palais; et il n'obtenait pas toujours un assentiment qui, le rassurant contre ces obscurs périls, le mît en état de déployer sans crainte lauturité que pointant on lui laissait *.
Aussi, malgré l'énergie et le zèle de ses principaux conseillers, malgré le calme du pays, malgré la dignité des mœurs du Roi et la fierté de son langage, le gouvernement était sans force et sans considération. Assailli de dissensions intérieures, dominé tour ù tour par des
« Stafford's Lelters and Disyatches, t. I , p. 128, 138, 143, 144; t. II p. 12, 105, 12G, elc.