‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 34 sur 144 · FAIBLESSE DU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DU GOUVERNEMENT

gés d'y pourvoir, tantôt, le sachant, il n'avait pas le courage de les réformer. Aussi, bien qu'atTranclii par la paix de toute charge extraordinaire, se voyait-il hors d'état de suffire aux besoins de son gouvernement. Le commerce de l'Angleterre prospérait; la marine marchande, chaque jour plus nombreuse et plus active, sollicitait la protection de la marine royale; Charles la promettait avec confiance, faisait même de temps en temps un effort solennel pour tenir sa parole ' ; mais communément les flottes manquaient aux convois du commerce, les agrès aux vaisseaux, la solde aux matelots. Les pirates barbaresques venaient dans la Manche, et jusque dans le canal de Saint-George, infester les côtes de la Grande-Bretagne; ils descendaient à terre, pillaient les villages, emmenaient des milliers de captifs. Le capitaine Rainsborough, chargé d aller enfin, sur la côte de Maroc, détruire un de leurs repaires, y trouva trois cent soixante-dix esclaves anglais ou irlandais ; et telle était l'impuissance ou Timprévoyancc de l'administration, que Strafford fut obligé damier à ses frais un bâtiment, pour préserver de ces ravages le port même de Dublin ^

Tant d'inhabileté et ses périls n'échappaient point au? regards des hommes exercés. Les ministres étrangcrr

1 Mémoires de Warwick, p. 103, dans ma Collection. Rushworth, part. II, 1. 1, p. 257, 322, etc.

* Strafford's Letters and Dispatches. t. I, p. G8, 87, 00 ; t. II, p. 88j 115, 118, etc.— Waller's Poems (inS, Londres, 1730), p. 271. L'expédition du capitaine Rainsborough eut lieu en 1C37.

qui résidaient à Londres en rendaient compte à leurs maîtres; et bientôt^ malgré la prospérité connue de l'Angleterre, se répandit en Europe l'opinion que le gouvernement de Charles était faible, imprudent, mal assuré. A Paris , à Madrid , à la Haye , ses ambassadeurs furent plus d'une fois traités légèrement et avec dédain ^ Strafford, Laud et quelques autres conseillers n'ignoraient point le mal et y cherchaient quelque remède. StrafTord surtout, le plus hardi comme le plus habile, luttait avec passion contre les obstacles; il s'inquiétait de l'avenir, et eût A'oulu que le Roi, gouvernant ses aCTaircs avec suite et prévoyance, s'assurât un revenu fixe, des arsenaux bien pourvus, des places fortes, une armée'. Il n'avait pas craint, pour son compte, de convoquer le Parlement d'Irlande'; et soit par la terreur qu'il inspirait, soit par les services qu'il rendait au pays, il en avait fait le plus docile comme le plus utile instrument de son pouvoir. Mais Charles lui interdit de le convoquer

t Les écrits du temps, entre autres les lettres recueillies par Ilowell, en fournissent mille exemples; je n'en citerai qu'un. Lorsque sir Thomas Edmonds se rendit en France, en 1629, pour conclure le traité de paix, le gentilhomme envoyé h. sa rencontre, à Saint-Denis, pour présider h. son entrée dans Paris, lui dit d'un ton moqueur : « Votre Excellence ne s'étonnera pas € que j'aie si peu de gentilshommes avec moi pour lui faire hon- « neur et l'accompagner à la cour ; il y en a eu tant de tués dans « nie de Ré! > {Hou-eU's Letteis,i>. 210;édit. in-8, Londres, 1705.) Anu-re ironie, qui faisait allusion h la sanglante défaite des Anglais dans cette île, sous les ordres du duc de Buckingham.

« Strafford's Lcllcis, t. II, p. Cl, Ci. G6.

» En JG34

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