J08 IRRITATION ET PROJETS
gouvernement de l'État, se bornassent à administrer , selon les lois du pays , les affaires de la religion dans leurs diocèses, tel était le vœu général de la noblesse de province, assez disposée à approuver la constitution épiscopale pourvu que l'Église ne prétendît ni au pouvoir politique ni au droit divin.
Dans les \illes la haute bourgeoisie , dans les campagnes un assez grand nombre de gentilshommes et presque tous les petits propriétaires francs - tenanciers portaient plus loin, en matière religieuse surtout, leur colère et leurs pensées. Là dominaient un attachement passionné à la ré|orme , un besoin ardent d'adopter les conséquences de ses principes, une haine profonde de tout ce qui conservait quelque ressemblance avec le papisme et en rappelait le souvenir. C'était sous les usurpations de la hiérarchie romaine qu'avaient succombé , disaiton, la primitive Église, la simplicité de son culte, la pureté de sa foi. Aussi les maîtres de la réforme , les nouveaux apôtres, Zwingle, Calvin, Knox, s'étaient-ils hâtés d'abolir cette constitution tyrannique et ses pompes idolâtres. L'Évangile avait été leur règle, la primitive Église leur modèle. L'Angleterre seule persistait à marcher dans les voies du papisme; le joug des évêques était-il moins dur, leur conduite plus évangélique, leur orgueil moins arrogant? Ainsi que Rome , ils ne s'inquiétaient que de dominer et de s'enrichir ; comme elle, ils redoutaient la fréquence de la prédication, l'austérité des mœurs, la liberté de la prière ; comme elle, ils prétendaient assujettir à d'immuables et minutieuses formes