‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 47 sur 144 · DE REFORME RELIGIEUSE (1G30-1G3G · texte numérisé non relu

DE REFORME RELIGIEUSE (1G30-1G3G

les élans des âmes clirélicnncs ; comme elle, ils substituaient à la parole vivifiante du Seigneur l'éclat mondain de leurs cérémonies. Au jour sacré du dimanche , les vrais cln"éticns voidaicnt-ils se livrer, dans la retraite, à de pieux exercices, sur les places, dans les rues, le bruit des jeux, des danses, les désordres de l'ivresse insultaient à leur recueillement. Et les évoques ne se contentaient pas de permettre au peuple ces passe-temps profanes ; ils les conseillaient, les commandaient presque, de })eur que le peuple ne prît goût à de plus saints plaisirs'. Y avait-il . dans leur troupeau , un homme dont la conscience timorée s'offensât de quelques pratiques de l'Église , ils lui enjoignaient impérieusement l'observance des moindres lois ; un autre était-il attaché aux lois, ils le tourmentaient de leurs innovations: les humbles, ils les écrasaient; les âmes fières, ils les irritaient jusqu'à la révolte. C'étaient partout les maximes, les pratiques, les prétentions des ennemis de la vraie foi. Et pourquoi cet abandon de 1 Évangile, cette oppression des plus zélés fidèles? Pour maintenir un pouvoir que l'Évangile ne conférait à personne, que les premiers fidèles n'avaient point connu. Que l'épiscopat fût aboli; (jue l'Église, rentiant en possession d'ellemême, fût désormais gouvernée par des ministres égaux entre eux , simples prédicateurs de la doctrine évangt»lique, et réglant de concert, par une délibération com-

» Neal, Iliat. of the Puni., t. II, p. 212.— Rushworth, part. I, 4. l, p. 191-196.

tlO PERSÉCUTION ET RÉSISTANCE

mune, la discipline du peuple chrétien, alors ce serait vraiment l'Église du Christ; alors il n'y aurait plus dïdolâtrie, plus de tp'annie; et la réforme enfin consommée n'aurait plus à redouter le papisme^ qui maintenant était à la porte, prêt à envahir la maison de Dieu, qu'on semblait apprêter pour l'y recevoir '.

Quand le peuple, au sein duquel, depuis l'origine de la réforme , fermentaient obscurément ces idées, les vit adoptées par une foule d'hommes riches, considérés, influents, ses patrons directs et naturels, il prit en eux et en hai-même une confiance qui, sans éclater en sédition, changea bientôt l'état et l'aspect du pays. Dès 4582 et 1616 quelques non-conformistes, se séparant officiellement de l'Éghse anghcane, avaient formé, sous les noms de Brownistes et d'Indépendants, plus tard si célèbres, de petites sectes dissidentes qui reniaient tout gouvernement général de l'Église, et proclamaient le droit de chaque congrégation de fidèles à régler ellemême son culte, d'après des principes purement républicains ^. Depuis cette époque, plusieurs congrégations particulières avaient été instituées sur ce modèle; mais elles étaient peu nombreuses, peu riches, et presque aussi étrangères à la nation qu'à l'Église. Exposés sans défense à la persécution, quand elle les avait découverts, les sectaires fuyaient et se retiraient communément en Hollande. Mais bientôt le regret de la patrie

4 Rushworth, part. III, t. I, p. 172-188.

a Neal, Hist. of the Purit., t. I. p. 301 et siiiv. ; t. II, p. 43-9i,

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