PERSÉCUTION ET RÉSISTANCE
suivre en haute trahison, ce qui eût entraîné la pemo capitale ; mais les juges dcclarcrent qu'il n'y avait pas moyen d'étendre à ce point le sens de la loi ni celui de leurs écrits, et il fallut se contenter d'une accusation en trahison simple ou félonie ^
L'iniquité de la procédure égala la barbarie du jugement. Les accusés furent sommés de fournir sans retard leur défense, sinon on tiendrait les faits pour avoués. Ils répondirent qu'ils ne pouvaient l'écrire; car on leur avait refusé du papier, de l'encre et des plumes. On leur en donna en leur enjoignant de faire signer leur défense par un conseil; et pendant plusieurs jours l'entrée de la prison fut interdite au conseil qu'ils avaient choisi. Introduit enfin auprès d'euX;, l'avocat refusa de signer leur défense, craignant de se compromettre auprès de la cour, et nul autre ne voulut s'en charger. Ils demandèrent qu'il leur fût permis de présenter leur défense signée d'eux-mêmes. La cour rejeta leur requête, répétant que, si un avocat ne signait, elle tiendrait les faits pour avoués. « Milords, dit Prynne, vous nous demandez l'impossi- « ble. » La cour se contenta de renouveler sa déclaration. Le débat s'ouvrit par une insulte grossière. Quatre ans auparavant, pour un autre pampldet, Prynne avait eu les oreilles coupées : «Je croyais, dit lord Finch en le « regardant, que M. Prynne n'avait plus d'oreilles; il me « semble qu'il lui en reste encore. » Et pour complaire à la curiosité des juges, unhuissier s'approchaduprévenu*
* Hushworth, part. II, t. I, p. 324.