DE HAMPDEN
mécontents curent des chefs qui se rapprochèrent et s'enirclinrent de l'avenir. Partout on prit des mesures pour se concerter et se soutenir au besoin. Un parti enfin se forma, soigneux de se cacher, mais piil)liquement avoué de la nation. Le Roi et son Conseil s'applaudissaient encore de leur dernier triomphe, que déjà leurs adversaires avaient trouvé l'occasion et les moyens d'agir.
Un mois environ après la condamnation de Hamp- <len ', une violente sédition éclata à Edimbourg. Elle y fut excitée par l'introduction arbitraire et subite d'une nouvelle liturgie. Depuis son avènement, et à l'exemple de son père, Charles n'avait cessé de s'appliquer à détruire la constitution républicaine que l'Église d'Ecosse avait empruntée du calvinisme, et à rétablir Tépiscopat écossais, dont quelque ombre subsistait encore, dans la plénitude de son autorité et de sa splendeur. Fraudes, rigueurs, menaces, corruption, tout avait été employé pour réussir dans ce dessein. Le despotisme s'était même montré souple et patient; il s'était adressé tantôt à l'ambition des ecclésiastiques, tantôt à l'intérêt des petits propriétaires, olVrant à ceux-ci un rachat facile de la dîme, à ceux-là les hautes dignités de l'Éghsc et les grandes charges de l'Etat, marchant toujours à son but, mais se contentant de progrès lents et tortueux. De temps en temps les alarmes du peuple devenaient ^tlus vives, le clergé national résistait; on suspendait ses assemblées, on bannissait ses plus hardis prédicateurs.
» Le 23 juillet 1637.
iU ETAT RELIGIEUX
Le Parlement, souvent servile, hésitait quelquefois; on entravait les élections, on étouffait les débats, on falsifiait même les votes '. L'Église d'Ecosse, à travers des combats où l'avantage demeurait toujours à la couronne, passait ainsi par degrés sous le joug d'une hiérarchie et d'une discipUne à peu près conformes à celles de l'Église anglicane et qui consacraient la pouvoir absolu comme !e droit divin des évoques et du Roi. En 1636, l'œuvre semblait près de son terme : l'épiscopat avait recouvré sa juridiction; l'archevêque de Saint-André ^ était chancelier du royaume; levêque de Ross ^ sur le point de devenir grand trésorier ; sur quatorze prélats, neuf siégeaient dans le conseil privé, et y possédaient la prépondérance \ Charles et Laud jugèrent qu'il était temps de tout consommer en imposant tout d'un coup à cette Église, sans consulter ni le clergé ni le peuple, un code canonique et un culte en accord avec son nouvel état.
Mais la Réforme n'avait point en Ecosse, comme en Angleterre, pris naissance dans la volonté du prince et la servihté de la cour. Populaire dans son berceau, elle s'était, par sa propre force et en dépit de tous les obstacles, élevée jusqu'au trône au lieu d'en descendre. Aucune différence de système, dq situation ni d'intérêts.
1 Burnet, Histoire de mon temps j 1. 1, p. 36-38, dans ma Colleo Mon. — Malcolm Laing, Hist. of Scotland, etc., t. III, p. 110-112.
' Spottiswood.
» Maxwell.
* Clarendon, Hist. of the rel cil. , t. I, p. 118-150. — Malcolna Laing, Hi'st. of Scotland, i. III, p. 122.
n'ayait, des l'origine, divisé ses parlisnns; et dans le cours d'une longue lulle, ils s'étaient accoutumés tantôt à braver, tantôt à manier le pouvoir. Les prédicateurs écossais pouvaient se vanter d'avoir soulevé la nation, soutenu la guerre civile, détrôné une Reine, et dominé leur Roi Jusqu'au jour où, en montant sur un trône étranger, il avait écliappé à leur empire. Forts de cette imité et du souvenir de tant de victoires, ils mêlaient hardiment, dans leurs sermons comme dans leurs pensées, la politique à la religion, les affaires du pays aux controverses de la foi, et du haut de îa chaire, censuraient, en les nommant, la conduite des ministres de la couronne, aussi bien que les mœurs de leurs paroissiens. Le peuple avait contracté à leur école la même audace d'esprit et de langage ; ne devant le triomi)lie de la Réforme qu'à lui-même, il k chérissait, non-seulement comme sa croyance, mais comme l'œuvre de ses mains. 11 tenait pour maxime fondamentale l'indépendance spirituelle de son Église, non lasuprématie religieuse du monarque, et se croyait en état comme endroit de défendre, contre le papisme, la royauté et l'épiscopat, ce que seul il avait fondé contre eux. La prépondérance que valut à 8CS rois leur élévation au trône d'Angleterre abattit quelque temps son courage; de là les succès de Jacques contre ces doctrines et ces institutions presbytériennes que, simple Roi d'Ecosse, il avait été forcé de subir. Le» rois se laissent aisément tromper à l'apparente servilité desnations. L'Ecosse intimidée parutà Charles vaincue. A la faveur de sa suprématie'?!, delepiscopatjilconipriuiait
en Angleterre la réforme populaire, toujours combattue avec succès par ses prédécesseurs; il crut pouvoir la détruire en Ecosse où elle avait régné, où elle était seule légalement constituée, où la suprématie du trône n'était reconnue que de Fépiscopat à peine relevé et dénué luirnême de tout autre appui.
La tentative eut une issue qui a fait souvent, en semblable occasion, l'étonnement et la douleur des serviteurs du despotisme ; elle échoua en touchant au succès.
Rétablissement de l'épiscopat, abolition des anciennes lois, suspension ou corruption des assemblées politiques ou religieuses, tout ce qui se pouvait accomplir loin des regards du peuple avait réussi. Dès qu'il fallut, pour consommer l'œuvre, altérer enfm le culte public, le jour même où, pour la première fois, la nouvelle liturgie fut mise en vigueur dans la cathédrale d'Edimbourg, tout fut renversé. En quelques semaines, un soulèvement subit et universel amena à Edimbourg*, de toutes les parties du royaume, une multitude immense, propriétaires fermiers, bourgeois, artisans, paysans, qui venaient réclamer contre les innovations dont on menaçait leur culte, et soutenir, par leur présence, leurs réclamations. Ils encombraient les maisons, les rues, campaient aux portes et sous les murs de la ville, assiégeaient la salle du conseil privé, qui demandait vainement secours au conseil municipal assiégé lui-même, insultaient les
» Le 18 octobre 1637. Ruslnvorth, part. II, t. I, p. AO-i et suiv.
('v(*qnrs à leur passage, dressaient enfin contre eux, sur la [ilace publiciue, une accusation tle tyrannie ctd'idolàtrie que venaient signer des'ecclésiastiqLies, des gentilshommes, et même quelques grands seigneurs ^ Le Roi, sans répondre aux plaintes, fit enjoindre aux pétitionnaires de se retirer; ils obéirent, moins par soumission que par nécessité, et revinrent un mois après-, plus nombreux encore. Cette fois aucun désordre n'eut lieu; la passion fut graA c et silencieuse ; les classes supérieures s'étaient engagées dans la querelle; en quinze jours une organisation régulière de la résistance fut proposée, adoptée, mise en vigueur; un conseil supérieur, élu dans les divers ordres de citoyens, fut chargé de poursuivre l'entreprise commune; dans chaque comté, dans chaque ville, des conseils hiérarchiquement subordonnés exécutaient ses instructions. L'insurrection avait disparu, prèle à renaître à la voix du gouvernement qu'elle s'était donné.
Charles répondit enfin ^ mais pour confirmer la liturgie et défendre aux pétitionnaires de s'assembler, sous peine de trahison. Le conseil d'Ecosse avait ordre de tenir secrète la proclamation royale jusqu'au moment de sa publication. Elle n'était pas encore arrivée que les chefs des insurgés en savaient déjà le contenu. Ils convoquèrent aussitôt le peuple, à l'appui de ses représentants. Le
j Neal, ITis^ ofthePurit.,t. II, p. 274.— Malcolm Laing, Ilist. ofScotland, t. III, p. 136-138.
2 Le 15 novembre 1637.
» Le 7 décembre 1637 ; Rusbworth, pari. II, t. I. p. 408.
Conseil, pour les prévenir, fit publier sans délai la proclamation'. Au moment même, et sur les pas des hérauts du Roi, deux pairs du royaume, lord Hume et lord Lindsay, firent publier et afficher, au nom de leurs concitoyens, une protestation qu'ils avaient signée. D'autres s'acquittèrent du même office partout où fut lue et affichée la proclamation du Roi. De jour en jour plus émus, plus menacés et plus unis, les insurgés résolurent enfin de se lier par un pacte solennel, pareil à ceux que, depuis l'origine de la Réforme, l'Ecosse avait adoptés plusieurs fois pour déclarer et soutenir hautement ses droits, ses croyances et ses vœux. Alexandre Henderson, le plus influent des ecclésiastiques, et Archibald Johnston, depuis lord Waristoun, avocat célèbre, rédigèrent ce pacte sous le nom populaire de covenant; il fut revu et approuvé par les lords Balmerino, LowdenetRothes\ y contenait, outre une minutieuse et déjà ancienne prolession de foi, le rejet formel des nouveaux canons, de la nouvelle liturgie, et un serment d'union nationale pour défendre, contre tout péril, le souverain, la religion, les lois et les libertés du pays. A peine proposé, le covenant fut accueilli avec des transports unanimes. Des messagers qui se relevaient de village en village le portèrent, avec une rapidité inouïe, jusque dans les heux les plus reculés du royaume, comme la croix de feu était portée à travers les montagnes pour appeler à la
» Le 19 février 1638.
» 1" mars 1638.
guerre tous les vassaux du même soigneur*. Gentilshommes, clergé, bourgeois, laboureurs, femmes, enfants, tous se rassemblaient en foule, sur les places et dans les temples, pour jurer fidélité au covenant. Les montagnards eux-mêmes, entraînés par l'élan national, oublièrent un moment, pour s'y joindre, leur loyauté passionnée et leurs farouches animosités. En moins de six semaines, l'Ecosse entière fut confédérée sous la loi du covenant. Les employés du gouvernement, quelques milliers de catholiques et la ville d'Aberdeen refusèrent seuls de s'y rallier.
Tant d'audace étonna Charles : on lui avait parlé d'émeutes insensées d'une vile populace; le conseil municipal d'Edimbourg s'était même empressé de solliciter humblement sa clémence, promettant le prompt châtiment des factieux; et ses courtisans écossais se vantaient chaque jour d'apprendre, par leurs correspondances,
* Lorsqu'un chef voulait convoquer son clan dans quelque circonstance subite et importante, il tuait une oie, faisait une croix de quelque bois léger, en allumait les quatre bouts et les éteignait dans le sang de l'animal. Cette croix s'appelait la croix de feu ou croix de honte, parce que celui qui refusait d'obéir à ce signal était noté d'infamie. La croix était remise outre les mains d'un messager agile et fidMc qui , courant avec rapidité au hameau le plus voisin , la présentait au premier de l'endroit, sans proférer une autre parole que le lieu du rendezvous. Celui-ci devait l'envoyer avec une égale promptitude au plus prochain village ; elle parcourait ainsi , avec la plus incroyable célérité, tout le district dépendant d'un même chef, et passait ;i ses alliés et voisins si le danger leur était commun. A la vuo de la croix de feu, tout homme de l'Age de seize à soixante
que tout était tranquille ou près de se calmer '. Tmliiiné de l'impuissance de sa volonté, il résolut de recourir à la force; mais rien n'était prêt; il fallait gagner du temps. Le marquis de Hamilton fut envoyé en Ecosse, avec ordre de flatter les rebelles de quelque espérance, mais sans engager le Koi ni rien finir.Vingt mille covenantaires, assemblés à Edimbourg pour un jeûne solennel, allèrent au-devant de Hamilton*; sept cents ecclésiastiques, revêtus de leurs habits, étaient debout sur une éminence à côté de la route , chantant un psaume au moment de son passage ^. Le parti voulait donner au marquis une haute idée de sa force; et Hamilton, autant pour soigner son crédit dans sa nation que pour obéir aux instructions de son maître, était enclin à le ménager. Mais les concessions qu'il apportait furent jugées insuffisantes et trompeuses, un co venant royal, qu'il tenta d'opposer au covenant populaire, fut repoussé avec dérision. Après d'inutiles pourparlers et plusieurs voyages d'Edimbourg à Londres, il reçut tout à coup du
ans, et en état de porter les armes, était obligé de prendre ses meilleures armes et ses meilleurs vêtements, et de se trouver au lieu du rendez-vous. Celui qui y manquait était exposé à voir Bas terres mises à feu et à sang, péril dont la croix de feu était l'emblème. Dans la guerre civile de 1745. la croix de feu circula souvent en Ecosse ; une fois entre autres, elle parcourut en trois heures tout le district de Breadalbane, espace d'environ dix lieues. Cette pratique était usitée chez presque tous les peuplei Scandinaves.
' Clarendon, Hist. of therehell., t. I, p. 192.
2 En juin 1638.
** May, Hist. du Long Pari., t. I, p. 85-8G, dans ma Colleciion,
Roi ' l'ordre d'accorder aux insurgés touics leurs demandes, l'abolition des canons, de la liturgie, de la cour de haute commission, la promesse d'une assemblée de l'Église et d'un Parlement où toutes les questions seraient librement débattues, où les évêques pourraient même être accusés. Les Écossais se réjouirent, mais avec surprise, d'autant plus méfiants qu'on prenait plus de soin d'ôter tout prétexte à la durée de leur confédération. Le synode général se réunit à Glasgow-. Mai» bientôt il s'aperçut que Hamilton ne s'appliquait qu'à entraver sa marche et à introduire dans ses actes des causes de nullité. Telles étaient en effet les instructions du Roi '. L'assemblée avançait ccpendait, et se disposait à traduire en jugement les évêques. Hamilton prononça soudain sa dissolution*. Au même moment on apprit que Charles se préparait à la guerre, et qu'un corps de troupes, levé en Irlande par les soins de Strafford, était sur le point de s'embarquer pour l'Ecosse ^ Hamilton repartit pour Londres; mais le synode refusa de se séparer, poursuivit ses délibérations, condamna toutes les innovations royales, maintint le covenant, abolit l'épiscopat. Plusieurs grands seigneurs jusque-là inactifs, enh'c autres le comte d'Argyle, homme puissant cl renommé par sa prudence, embrassèrent hautement la
I En septembre 1G38.
» Le 21 novembre 1638.
• Voyez les Éclaircissements et pièces historiques, no V.
» Le 28 novembre 1G38.
» Slrafford's LettersA- H, p. 233, 278, 279.
cause du pays; des marcliands écossais passèrent la mer pour acheter des munitions et des armes; le covenant fut enyoyé aux troupes écossaises qui servaient sur le confîncnt; un de leurs meilleurs officiers, Alexandre Leslcy, fut invité à revenir en Ecosse, pour prendre au besoin le commandement des insurgés. Enfin, au nom du peuple écossais, une déclaration fut adressée au peuple anglais % pour lui faire connaître les justes griefs des chrétiens ses frères , et repousser les calomnies dont leurs ennemis communs cherchaient à les noircir.
La cour accueillit cette déclaration avec ironie; on parlait, en se moquant, de l'insolence des insurgés, on se plaignait seulement de l'ennui d'avoir à les combattre, car quelle gloire et quel profit pouvaient revenir de la guerre contre un peuple pauvre, grossier et obscur-? Bien qu'Écossais lui-même, Charles se flattait que la vieille haine et le mépris des Anglais pour rÉcosse laisseraient les plaintes des covenantaires sans effet sur les esprits. Mais les croyances qui unissent les peuples effacent bientôt les limites qui les séparent. Dans la cause des Écossais, les mécontents d'Angleterre reconnurent sans peine la leur. Des correspondances secrètes s'établirent rapidement entre les deux royaumes. Les déclarations des insurgés furent partout répandues; leurs griefs, leurs démarches, leurs espé-
i Le 27 février 1G39.
* May, Hist. du Long Parh, t. I, p. 96, dans ma Collection ,
rancos devinrent le sujet des entretiens populaiics; en peu de temps ils acquirent des amis et des agents à Londres, dans tous les comtés, dans l'armée, même à la cour. Dès qu oncrutàleur ferme résolution de résister, et que l'opinion de l'Angleterre parut leur prêter son appui, il ne manqua pas de courtisans écossais, anglais même, qui, pour nuire à quelque rival, pour se venger de quelque refus, pour ménager toutes les chances, se hâtèrent de leur rendre sous main de hons offices, tantôt leur faisant passer un avis, tantôt exagérant leur nombre, vantant leur discipline, et s'inquiétant pour le Roi des embarras ou des dangers qu'un peu de complaisance préviendrait aisément. L'armée royale qui s'avançait vers l'Ecosse rencontrait sur sa route mille bruits semés pour l'intimider ou la ralentir; on conseillait au général, le comte d'Essex, de prendre garde, d'attendre des renforts; les ennemis, disait-on, lui étaient fort supérieurs; on les avait vus en tel lieu, près de la' frontière; ils occupaient toutes les places; Berwick même serait en leurs mains avant qu'il y pût arriver. Le comte, officier exact et fidèle, bien que peu favorable aux desseins de la cour, continua sa marche, entra à Berwick sans obstacle, et reconnut bientôt que les troupes des insurgés n'étaient ni si nombreuses ni si bien préparées. Mais ces rapports, aussi avidement accueillis que soigneusement répan- <\us, n'en troublaient pas moins tous les esprits'. Le
• Clarendon, Ilist. oftherehell., t. I, p. li>7.
234 CHARLES P' A YORK (avril 1639).
trouble s'accrut encore quand le Roi fut arrivé à York'. Il s'y rendit avec une pompe extraordinaire, toujours infatué de l'irrésistible ascendant de la majesté royale, et se flattant qu'il suffirait de la déployer pour faire rentrer les rebelles dans le devoir. Comme pour balancer cet appel d'un peuple à un peuple que l'Ecosse avait fait à l'Angleterre, il fit de son côté un appel à la noblesse de son royaume, la sommant, selon les coutumes féodales, de venir lui rendre, en cette occasion, le service qu'elle lui devait. Les lords et une foule de gentilshommes accoururent à York comme à une fête. La ville et le camp offraient l'aspect d'une cour et d'un tournoi, nullement d'une armée et de la guerre. La vanité de Charles était charmée de tant d'appareil; mais l'intrigue, le désordre et l'indiscipline régnaient autour de lui*. Les Écossais de la frontière communiquaient familièrement avec ses soldats. Il voulut exiger des grands seigneurs le serment de n'entretenir, sous aucun prétexte, aucune relation avec les rebelles; lord Brok et lord Say s'y refusèrent, et Charles n'osa rien de plus que leur donner l'ordre de s'éloigner. Lord Holland entra sur le territoire écossais; mais à l'aspect d'un corps de troupes que Lesley avait disposé avec art, et que le comte, sans y bien regarder, jugea plus nombreux que le sien, il se retira précipitamment ^ Généraux et soldats, tous hésitaient à engager une guerre
1 En avril 1G39.
9 Clarendon, Hist. of the relelL, t. I, p. 199 el suiv.
» Rushworth, part. II, t. II, p. 935.
PAIX DE TÎERWICK (jcin 1639). 235
(lôcrioe. Los Écossais, bien informés, mirent à profit celle (lispnsilinn. Ils écrivirent aux chefs de l'armée, à ïord Essex, lord Arundel, lord Iloliand, modestes et flatteurs dans Icuï* langage, témoignant dans les sentiments des lords comme du peuple anglais une entière confiance, elles priant d'intervenir pour que le Roi leur fît justice et leur rendît sa faveur K Bientôt, sûrs d'être appuyés, ils s'adressèrent au Roi lui-môme, avec un humble respect, quoique sans rien abandonner de leurs p^élentions^ Charles était embarrassé, sans ardeur luimême, aussi prompt à se lasser des obstacles que peu altentifà les prévoir. Des conférences s'ouvrirent '. Le Roi s'y montra hautain, mais pressé de finir; les Écossais opiniâtres, mais sans insolence. L'orgueil de Charles se contenta de l'humilité de leurs discours; et le 18 juin dG39, de l'avis de Laud lui-même, troublé, dit-on, à l'approche du danger, fut conclue à Berwick une pacification qui ordonna le licenciement des deux armées et la prochaine convocation d'un synode et d'un Parlement écossais, mais sans qu'un traité clair et précis eût mis un terme aux différends (jui avaient suscité la guerre.
Elle n'était qu'ajournée, et les deux partis le pressentaient également. Les Écossais, en congédiant leurs troupes, conservèrent aux officiers une part de leur
< Clarendon, Hist. of the rehell., t. I, p. 205 et suit.
« Kushworth, part. II, t. II, p. 938.
• Le 11 juin 1G39; Rushworth, ihid., p. 940.