PRONOSTICS D'UNE NOUVELLE
soldo, et leur enjoignirent de se tenir tonjcurs prêts ', De son côte, Charles eut à peine licencié son armée qu'il s'occupa sous main d'en leyor une autre. Vn mois après la pacification, il manda Strafford à Londres pour le consulter, disait-il, sur quelques plans militaires, et il ajoutait : « J'ai bien d'autres raisons, et beaucoup trop, « pour désirer de vous avoir quelque temps auprès de « moi ; je ne puis vous dire par lettre que ceci : le cove- 0 nant écossais se répand très-loin, beaucoup trop a loin -. » Strafford accourut. C'était depuis longtemps son plus vif désir d'être employé auprès de son maître, seul poste où son ambition pût espérer assez de pouvoir et de gloire. Il arriva, résolu de déployer contre les adversaires de la couronne toute son énergie, parlant des Écossais avec un profond mépris, assurant que la faiblesse seule avait tout fait manquer, et pourtant si confiant dans la fermeté du Roi qu'il s'en promettait un inébranlable appui. 11 trouva la cour agitée d'obscures intrigues : le comte d'Essex, traité avec froideur malgré sa bonne conduite dans la campagne, s'était retiré mécontent; les officiers s'accusaient réciproquement d'inhabileté ou de mollesse ; les favoris de la Reine s'empressaient à profiter de l'embarras général pour pousser leur fortune et perdre leurs rivaux; le Roi était triste et abattu ^ Strafford se sentit bientôt mal à l'aise et hors d'état de faire adopter tout ce qu'il jugeait nécessaire,
• Whitelocke, p. 29.
2 Straffûrd's Letters, t. II, p. 281, 372.
' Clarenrlon, Hist. of the rehelL, t. I, p. 214 et suiv.