LE PARLEMENT SE
que leur opposition avait rendus populaires, mais composée en majorité de citoyens paisibles, libres de tout engagement de parti, se méfiant des passions, des combinaisons secrètes, des résolutions précipitées, et se flattant qu'ils réformeraient les abus sans aliéner le Roi, sans hasarder le repos du pays.
Après un assez long délai qui donna quelque humeur, le Parlement s'assembla \ Charles lui fit lire la lettre des Écossais au Roi de France, s'étendit sur leur trahison, annonça la guerre, et demanda des subsides. La Chambre des Communes tint peu de compte de la lettre, et parut n'y voir qu'un incident sans importance auprès des grands intérêts qu'elle avait à traiter*. Le Roi s'en offensa, trouvant la Chambre bien froide à ressentir ses affronts. De son côté, la Chambre se plaignit de quelque manque d'égards et d'étiquette, le jour où son orateur fut présenté au Roi ^. La cour, après onze ans passés sans Parlement, avait peine à se défaire de sa dédaigneuse légèreté; et la Chambre, malgré ses intentions pacifiques, avait justement repris, en rentrant à Westminster, la fierté d'un pouvoir public, onze ans méconnu et rappelé par nécessité. Bientôt le débat devint plus sérieux. Le Roi voulait que la Chambre votât les subsides avant de s'occuper de l'examen des griefs, promettant ie la laisser siéger ensuite et d'écouter avec bienvcil-
i Le 13 avril 1640.
« Pari. Hist., t. II, col. 534-542.
» I6ii., col. 535-542.