S46 LA GUERTIE AVEC L'ECOSSE
a\is; et à peine en état de se soutenir, il partit avecle Roi pour l'armée déjà réunie sur la frontière d'Ecosse, ef qu'il devait commander.
Il apprit en route que les Écossais, prenant l'offensive, étaient entrés en Angleterre % et en arrivant à York, qu'ils avaient battu à Newburne-, presque sans résistance, le premier corps anglais qui s'était trouvé sur leur chemin. L'un et l'autre événement n'étaient pas l'œuvre des Écossais seuls. Durant la pacification, leurs commissaires à Londres avaient contracté avec les chefs des mécontents une étroite alliance; et ceux-ci les avaient exhortés, si la guerre recommençait, à envahir soudain l'Angleterre, leur promettant l'appui d'un parti nombreux. Un messager fut même expédié en Ecosse, portant dans une canne creuse un engagement au bas duquel, pour inspirer aux Écossais plus de confiance, lord Saville, seul meneur avéré du complot, avait contrefait la signature de six des plus grands seigneurs anglais. Une haine passionnée contre Strafford avait seule poussé lord Saville, liomme méprisé, dans cette audacieuse intrigue; mais tout porte à croire que des patriotes plus influents et plus sincères y avaient également pris part'. Ils ne se trompaient point sur les dispositions du peuple. Le Parlement à peine dissous,
1 Le 21 août 1640.
2 Le 28 août 1640.
5 Burnet, Histoire de mon temps^ t. I, p. 51-57, dans ma CoUeo- Uon. — Whitelocke, Mcmoriah, etc. , p. 31. — Hardwklie's Papers, t. II, p. 197.
RECOMMENCE (août 1610). 247
l'aversion de la guerre contre i'Écosse avait éclaté. A Londres, des placards excitèrent les apprentis à se soulever et à mettre en pièces Laud, auteur de tant de maux. Une bande furieuse assaillit son palais, et il fut contraint de se réfugier à Wliiteliall. L'église de Saint-Paul , oi^i siégeait la cour de haute commission, fut forcée par une autre bande criant : Point d'évêques, point de haute commission M Dans les comtés, la violence seule put réussir à recruter. Pour y échapper plusieurs se mutilèrent, quelques-uns se pendirent^ : ceux qui obéissaient sans résister étaient insultés dans les rues, et traités de lâches dans leurs familles, par leurs amis. Rendus à leur corps, ils y portaient, ils y trouvaient les mêmes sentiments. Plusieurs officiers, soupçonnés de papisme, furent tués par leurs soldats ^ Quand l'armée se trouva en face des Écossais, l'indiscipline et les murmures redoublèrent; elle voyait le covenant flotter écrit sur leurs drapeaux; elle entendait le tambour appeler les troupes au sermon et leur camp retentir, au lever du soleil, du chant des psaumes et des prières. A ce spectacle, aux récits qui leur parvenaient de la pieuse ardeur et des dispositions amicales de lÉcosse pour le peuple anglais, les soldats s'attendrissaient et s'indignaient tour à tour, maudissant cette guerre imiiie, et déjà vaincus, car ils
« Clarendon, Flist. of the rebelL, t. I. p. 24G. — Whitelocko, p. 33.
« Slrafford'sLeHers,t. II, p. 351.
» Rushwoiih, pari, II, t. II, p. 1191-1195.