RÉFORMES
A l'aspoct de ce pouvoir si immense, si subit, si passionné, l'effroi saisit tons les serviteurs de la couronne, quiconque avait à redouter un reproche ou un ennemi. Pour eux l'accusation était partout, la défense nulle part. La cour ne songeait qu'à se faire oublier; le Roi cachait, sous une complète inaction, sa tristesse et ses inquiétudes; les juges, tremblant pour eux-mêmes, n'auraient osé protéger un délinquant; les évèques voyaient autour d'eux, sans tenter d'y mettre obstacle, leurs innovations abolies; John Bancroft, évèque d'Oxford, mourut subitement de trouble et de peur ' ; les prédicateurs presbytériens rentraient, sans titre légal, en possession des cures et des chaires ; toutes les sectes dissidentes reprenaient pubhquement leurs assemblées; les pamphlets de toute sorte circulaient en pleine liberté; le despotisme royal et épiscopal, encore debout tout entier avec ses ministres, ses tribunaux, ses lois, son culte, était partout immobile et impuissant*.
Stratford avait prévu cette explosion et supplié le Roi de le dispenser de se rendre au Parlement : « Je n'y « serai, lui écrivait-il, d'aucun service à Votre Majeslé; « ma présence accroîtra ses périls, et me livrera à utcs « ennemis; qu'elle me permette de rester éloigné, en « Irlande, à l'armée, où elle voudra; je pourrai l'y ser- « vir encore, et me soustraire à la ruine qui m'attend. »
I Rapin Thoiras, Hist. d'Angleterre^ f . IX, p. 21. » Clarendon^/iist. ofthe rehen.,t. II, p. 59.— Ncal , Ilint. of theFurit... t. II, p. 329-342.