‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 73 sur 144 · LE PARLEMENT PREND · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT PREND

(loaii que leur séjour imposait aux comtés du Nord; mais la Chambre avait besoin d'eux % et se sentait en état de faire accepter cette charge au peuple : « Les « Philistins^ dit M. Strode, sont encore trop forts pour « nous; nous ne pouvons nous passer de nos alliés. » On éluda les instances du Roi; on témoigna même, dans la répartition des fonds alloués pour la solde, plus de faveur aux Écossais qu'aux troupes angla'ses, dont les officiers n'inspiraient pas tous au Parlement la môme confiance*. Quelques-uns en prirent de l'humeur; la Chambre ne s'en inquiéta point. Elle fit plus; elle décréta que les Écossais avaient prêté aux Anglais une assistance fraternelle, que désormais on leur donnerait le nom de frères, et vota en leur faveur, à titre d'indemnité et de récompense, une somme de 300,000 livres sterling. Les négociations pour la paix définitive avec l'Ecosse étaient conduites par un comité du Parlement bien plus que par le Conseil du Roi. Les meneurs des deux Chambres, surtout des Communes, dînaient tous les jours ensemble, et à frais conununs, chez M. Pym; là venaient se réunir à eux les commissaires écossais, les auteurs des principales pétitions, les hommes importants de la cité ; là se traitaient toutes les affaires des Chambres et de l'État *. Telle était vers le Parlement l'affluence de tous les pouvoirs que les conseillers de la

i Baillie, Letters, t. I, p. 240.

» Whitelocke, p. 44.

• Clarendon, .Ife'motres, etc., t. I, p. 119, dans ma CollecUon

ÎOUS LES POUVOIRS. 26t

couronne, incapables ou effrayés de décider seuls la moindre question, s'en référaient à lui de toutes choses, sans qu'il prît la peine de le demander. Un prêtre catholique, Goodmann, avait été condamné à mort; le Roi, qui n'osait lui faire grâce, mit sa vie à la disposition des Communes, seul moyen de le sauver, car, malgré leur I)assion, elles ne se montraient point avides de sang *. Le peuple avait pris en haine la mère de la Reine, Marie de Médicis, alors réfugiée à Londres; chaque jour la multitude entourait sa maison, l'accablant dinsultcs et de menaces. Ce fut aux Communes qu'on s'adressa pour savoir si elle pouvait rester en Angleterre, et comment on devait veiller à sa sûreté. Elles répondirent qu'il convenait quelle partît, votèrent 10,000 livres sterling pour son voyage, et leur vœu fut aussitôt accompli*. Les arrêts des tribunaux, depuis longtemps rendus et exécutés, tombaient sous leur juridiction, comme les affaires privées du Roi et de la cour. La condamnation de Prynne, Rurton.. Rastwick, Leighton, Lilburne, fut déclarée illégale, et leur mise en libei té ordonnée ', avec une large indemnité, que pourtant ils ne reçurent jamais : sort commun des mérites anciens, bientôt effacés par des mérites et des besoins nouveaux. La joie publique fut leur seule récompense : au bruit de leur

» En février 1641. Parliam. Ilist., t. II, col. 710, 713, 715 — S tate-Triah A. lY,co\. 59-li3.

î En mai 1G41. Par/iam . IJist., t. II, col. 788-793.— .May, Hùt du Long Pari., t. I, p. 209, dans ma CoUectioii.

» Le 7 novembre 1640. Parliam. IlUt., t. II, col. 039-731.

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