‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 76 sur 144 · RÉFORMES POLITIQUES · texte numérisé non relu

RÉFORMES POLITIQUES

arrière-pensées d'un parti n'auraient osé défendre do5 pouvoirs odieux par leurs actes et illégitimes au fond, bien que plusieurs fussent revêtus d'une existence légale. La réforme politique était un vœu unanime, indépendant de toute condition sociale, de toute opinion religieuse; on ne s'inquiétait point encore d'en mesurer scrupuleusement les conséquences ni l'étendue. Tous y concouraient sans se demander compte de leurs intentions et de leurs motifs. Des hommes d'un esprit hardi, ou d'une prévoyance longue et obstinée, ou déjà gravement compromis par des démarches que les lois condamnaient, Hampden, Pym, Hollis, Stapleton, méditaient d'enlever à la couronne sa prépondérance fatale, d'attirer le gouvernement dans la Chambre, et de l'y fixer sans retour. C'était, à leurs yeux, le droit du pays, et, pour le peuple comme pour eux-mêmes, la seule vraie garantie. Mais, poussés à ce dessein encore plus par la nécessité que par un principe clairement conçu et avoué de l'opinion publique, ils avançaient sans le proclamer. A leur suite, des sectaires fougueux, quelques membres obscurs encore, bien que très-actifs, Cromwell, Henri Martyn, laissaient échapper de temps en temps, contre la personne du Roi ou la forme du gouvernement, des paroles menaçantes; mais ils semblaient, dans la Chambre du moins, sans considération, sans crédit; et ceux-là mêmes qui s'étonnaient ou s'irritaient de leur cynique violence ne s'en effrayaient point. La plupart se flattaient qu'après la destruction des abus, on en reviendrait à l'état qu'ils appelaient celui de la vieille Angle-

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terre, an pouvoir supérieur du Roi, contenu par le pouvoir périodique des deux Cliambros dans les limites de la loi ; et, en attendant, ils acceptaient, comme une nécessité passagère, la domination presque exclusive des Communes, pins conforme d'ailleurs qu'ils ne le croyaient eux-mêmes aux idées et aux sentiments un peu confus qui les animaient. Ainsi la réforme politique, également voulue de tous, bien que dans des vues et des espérances fort diverses, s'accomplissait avec l'ascendant d'une irrésistible unanimité.

En matière religieuse, il en était autrement. Dès les premiers jours , on vit éclater la diversité des opinions et des vœux. Une pétition de la cité de Londres, revêtue de quinze mille signatures, demanda la complète abolition de l'épiscopat '. Presque au même moment sept cents ecclésiastiques se bornaient à solliciter la réforme du pouvoir temporel des évêques, de leur despotisme dans l'Église, de la mauvaise administration de ses revenus; et bientôt après arrivèrent de plusieurs comtés dix-neuf pétitions, signées, dit-on, de plus de cent mille personnes, qui recommandaient le maintien du gouvernement épiscopal *. Au sein du Parlement se manifesta la même dissidence. La pétition de la cité ne fut admise qu'à grand'peine par les Communes, et après un violent débats Un bill fut proposé, qui déclarait les eccléiiiasli-

* Le 11 décembre 1G40. Kush^\-orth, part. III, t. I, p. 93. « Neal, Hist. ofthe Purit., t. Il, p. 350.

s lîaiilie, Letlers, t. I, p. 21i.-Clarendon, Hist. of the rebell., t. II, p. Cl.

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