‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 77 sur 144 · ATTAQUES CONTRE · texte numérisé non relu

ATTAQUES CONTRE

ques incapables de toute fonction civile , excluant ainsi les évoques de la Chambre des Pairs ; mais, pour le faire adopter aux Communes *, le parti presbytérien fut contraint de promettre qu'on n'irait pas plus loin; Hampden n'obtint qu'à ce prix la voix de lord Falkland ^', et le bill, parvenu aux Pairs, n'en fut pas moins rejeté *. Furieux de ce mécompte, les presbytériens demandèrent tout à coup la destruction des évêchés, des doyennés, des chapitres * ; mais la résistance fut si vive qu'ils se décidèrent à ajourner leur motion. Une fois les deux Chambres semblèrent d'accord pour réprimer les désordres qui éclataient de toutes parts dans le culte public, et en maintenir les formes légales^; mais, deux jours après, leurs divisions avaient reparu. De leur seule autorité, sans en informer même les Lords, les Communes envoyèrent des commissaires dans les comtés pour faire enlever soudainement des églises les images, autels, crucifix , tous les restes de l'idolâtrie ® ; et ces envoyés sanctionnèrent, par leur présence, les passions populaires dont l'explosion les avait devancés. De leur côté, les Lords, apprenant que la secte des indépendants avait repris publiquement ses assemblées '', mandèrent

1 Les 9 et 11 mars 1641.

» Clarendon, Hist. of the rehell., t. II, p. 114-118. « Les 24 mai et 7 juin 1641. Parliam. Hist., t. II, col. 794-814. * Le 27 mai 1641. Parliam. Rist., col. 814. — Clarendon, JJisf. ofthe rehelL. t. II, p. 120-122.

B Le 16 janvier 1641. Neal. Hist. ofthePurit., t. II, p. 339. ' « Le 23 janvier 1641. Neal, Hist. of the Purit., t. II, p. 343. ^ Le 18 janvier 1641.

L'ÉGLISE ePISCOPALE 26»

les clmfs à la barre \ et les tancèrent, bien que timidement. Aucune opinion, aucune intention, en cette matière, n'était vraiment dominante et nationale. Parmi les partisans de l'épiscopat, les uns, en petit nombre, mais animés par l'énergie de la foi ou l'obstination de l'intérêt personnel, soutenaient ses prétentions au droit divin ; les autres, le regardant comme une institution humaine , jugeaient cette institution essentielle à la monarchie, et croyaient le trône compromis si le pouvoir des évêques subissait de graves atteintes ; d'autres, et ceux-ci étaient nombreux, auraient volontiers exclu les évêques des alTaires publiques, mais en les maintenant à la tête de l'Église, comme la tradition , les lois et les convenances de l'État leur semblaient l'exiger. Dans le parti contraire, les avis n'étaient pas moins divers ; quelques-uns tenaient à l'épiscopat par leurs habitudes, quoique leurs opinions lui fussent peu favorables; au gré de beaucoup, et des plus éclairés, nulle constitution de l'Éghse n'était de droit divin ni absolument légitime; elle pouvait varier selon les lieux, les temps; le Parlement était toujours maître de la changer, et l'intérêt public devait seul décider du sort de l'épiscopat, donl aucun principe ne commandait l'abolition ni le maintien. Mais le peuple presbytérien et ses ministres voyaient dans le régime épiscopal une idolâtrie condamnée par l'Évangile, l'héritier et l'avant-coureur du papisme ; ils repoussaient, avec l'indignation de la foi, sa Uturgie, les

» Le 19 janvier IGU. Noal, llist. of the Purit., t. II, p. 34-2.

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formes <le son culte, ses conséquences les plus lointaines, et réclamaient, pour la conslitution républicaine de l'Église, le droit divin que les évêques avaient usurpé.

Quelque temps, et après les premiers succès de la réforme politique, ces dissidences entravèrent la marche du Parlement. Dès que les questions religieuses étaient en débat, les adversaires de lacour, jusque-làunanimes, se divisaient, se combattaient même; la majorité variait souvent ; et aucun parti ne se montrait qui fût en toute occasion animé d'un même esprit, dévoué aux mêmes desseins , et capable de tout maîtriser. Pym, Hampden, les principaux chefs du parti politique, ménageaient avec soin les presbytériens, soutenaient même leurs motions les plus hardies; cependant on savait qu'ils ne partageaient point leurs passions fanatiques, qu'ils avaient plutôt à cœur de réduire le pouvoir temporel des évêques que de changer la constitution de lÉghse % et que , dans la Chambre haute, parmi les Lords les plus populaires, elle comptait de nombreux partisans. Quelques hommes prudents conseillèrent au Roi de mettre à profit ces dissensions secrètes, et de prévenir l'union des réformateurs politiques et religieux, en confiant hardiment aux premiers les affaires de la couronne et de l'État,

Des négociations furent entamées. Le marquis d- Ilamilton, toujours pressé de s'entremettre eritre lepaitis, en fut l'agent le plus actif. Le comte de Bedford, homme modéré, influent dans la Ciiambre haute, et fort

« ClareudoT), Hixt. ofthe rehelL.t. II, p. 114.

rslirné du piiblic, s'y pivia avec dipiilé. Les meneurs des deux Cliaiiibres se réunissaient souvent chez lui; il avait leur confiance, et paraissait en droit de traiter en leur nom. Le Roi, qui consentait plutôt qu'il ne voulait lui-même, forma d'abord im nouveau conseil privé '; les lords Bedford, Essex, War\vick, Say, KimboKon et quelques antres y furent appelés, tous populaires, quelques-uns même engagés avec ardeur dans l'opposition, mais tous grands seigneurs. L'orgueil de Charles, déjà blessé de fléchir devant eux, ne pouvait se résoudre à porter plus bas l'aveu de sa défaite. Cependant on insista; les nouveaux conseillers ne voulaient pas se séparer de leurs amis; chaque jour révélait au Roi l'importance de ces chefs desConmiunes qui lui inspiraient ^m si amer dédain. Eux de leur côté, sans repousser ces ouvertures, montraient peu d'empressement, moins par indifl'érence que par embarras. En les accueillant, ils atteignaient le but principal de leurs elîoris; ils entraient, au nom du pays, en possession légale du pouvoir, imposaient un ministère à la couronne, et la soumettaient aux conseils du Parlement. Mais on leur demandait de sauver Strafford et l'Étilise, c'est-à-dire de mettre en liberté leur ennemi le plus redoutable et de se brouiller avec les presbytériens, leurs plus chauds amis. De part et d'autre la perplexité était grande et la méfiance déjà trop profonde pour céder sitôt à l'ambition ou à la peur. On en vint pourtant à des

* Clarendon, Htii. of thc rcbcU., t. IL p. 46.

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