‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 82 sur 144 · ÉTAT DES PARTIS · texte numérisé non relu

ÉTAT DES PARTIS

f aient le repos. Mais la lutte religieuse s'engageait de plus en plus; les sectaires s'enhardissaient, l'Église était chaque jour plus ébranlée. Dans la Chambre haute même, son plus ferme soutien, tout attestait sa décadence : les lords spirituels n'étaient plus, selon l'ancien «sage, mentionnés séparément en tète des bills ; le clerc de la Chambre affectait, en lisant, de tourner le dos au banc des évêques; et dans les cérémonies publiques, les lords temporels s'arrogeaient la préséance*. Ces symptômes n'échappaient point au parti presbytérien, et il renouvelait incessamment ses attaques, dominant les réformateurs politiques qu'il maintenait en possession du pouvoir, et, malgré des revers apparents, faisant chaque jour un pas vers le succès.

Le Roi rappela tout à coup son projet d'aller en Ecosse, où l'exécution du traité de paix, enfin près de se conclure, réclamait, dit-il, sa présence. On apprit en même temps que la Reine, donnant sa santé pour prétexte, se disposait à partir pour le continent. L'armée mécontente se trouvait sur la route du Roi, et les relations de la Reine avec le continent étaient depuis longtemps suspectes. Ce double voyage, brusque et simultané, fournit aux méfiances l'aliment qu'elles cherchaient. Les méfiances étaient légitimes. Sans force ni crédit à Londres, entouré de courtisans inutiles ou de conseillers saisis d'effroi , Charles avait porté ses regards vers le royaume de ses pères et les rois absolus de l'Europe.

» Neal, HUl. of thepurit., t. II, p. 410-411. \

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