‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 89 sur 144 · QUERELLES ENTRE LES CAVALIERS · texte numérisé non relu

QUERELLES ENTRE LES CAVALIERS

nie; mais après tant de concessions du prînce, leur imprévoyance et leur loyauté s'indignaient de l'insolente obstination des novateurs. Ils arrivaient à Londres in armes, parcouraient fièrement les tavernes, les rues, !'t se rendaient souvent à Whiteliall pour offrir au Roi leurs services en sollicitant quelque faveur. Là, d'autres hommes se joignaient à eux, attirés par un dévouement moins pur et plus aveugle encore, les officiers réformés que le licenciement de l'armée avait laissés sans solde ni emploi, la plupart soldats de fortune, instri:its dans les guerres du continent, dissolus, serviles et hardis, irrités contre le Parlement qui leur avait enlevé leur élat, contre le peuple qui détestait leurs mœurs, et [)rê!s à tout faire pour tout maître qui les voudrait employer, n'importe à quel dessein. De jeunes légistes, des étudiants du Temple, protégés de la cour, ou avides de s'associer à ses [ilaisirs, ou croyant faire preuve, en embrassant sa cause, de nobles; e et d'élégance, grossissaient ce cortège remuant et présomptueux qui se rassemblait tous les Jours autour de AVhitehall, déclamant contre les Communes, insultant leurs partisans, prodigues de bravades, de moqueries, et pressés que le Roi ou le hasard leur fom-nît quelque occasion de] pousser leur fortune en prouvant leur fidélité *.

Le parti populaire n'était pas moins impatient de lai \cur offrir ; ses attroupements devenaient chaque jour] plus nombreux et plus agités. Des bandes d'apprentiSj|

• Mémoires de Ludlow, t. I, p. 27, dans mu Collection.

Page 1