‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 91 sur 144 · PROTESTATION DE · texte numérisé non relu

PROTESTATION DE

résolut d'éloigner le gouverneur de la Tour, sir William Balfour, dévoué aux Communes, et de le remplacer par un homme sûr et hardi. Trois mille livres sterling, fruit de la vente de quelques bijoux de la Reine, furent données à sir WiUiam, pour calmer son humeur. Sir Thoj mas Lunsford, Tun des chefs les plus audacieux des Cavahers réunis àWhitehall, lui succéda'. En même temps le Roi prit, avec le Parlement, un ton plus haut, essayant de l'intimider à son tour. Hyde avait préparé à la remontrance une réponse habile et ferme; Charles l'adopta et la fît publier en son nom ^ Le bill pour la presse des soldats était encore en débat dans les Chambres; avant qu'on le lui eût présenté, et dans une séance solennelle, il annonça qu'ilne l'accepterait qu'avec une réserve contre le préambule où le droit d'ordonner la presse lui était retiré ^ Les affaires d'Irlande n'avançaient point; il somma les Communes de s'en occuper, et offrit de lever dix mille volontaires si la Chambre promettait de les payer *. De leur côté, et peutêtre avec son aveu, les évêques se réunirent pour délibérer sur leur situation; la violence les attendait à la porte de la Chambre haute; ils résolurent de s'en absenter, et de consigner, dans une protestation, les motifs

* Vers le 20 décembre 16-10. Clarendon, Hist. ofthe rebelL, t. II, p. 284.

* Mémoires de Clarendon, t. I, p. 125-129, dans ma Cùllection.-^ Parliam. Hist., t. II, col. 970-977.

» Le 14 décembre 1641. Parham. Hist., t. II, col. 968. » le 29 décembre 1G41. Ibid., col. 991.

DOUZE ÉVÉQUES (décembre 1641) 319

de leur retraite, déclarant nuls et invalides tous les bills qui seraient adoptés sans le concours de tous les membres légitimes et nécessaires du Parlement. Brusquement rédigée et signée de douze évoques', la protestation fut aussitôt remise au Roi, qui s'empressa de l'accueiUir; elle lui ouvrait l'espérance d'annuler un jour, sous ce prétexte, les actes de ce Parlement fatal qu'il ne pouvait dompter. A l'instant, et sans en rien dire à ses nouveaux conseillers, dont il redoutait bien plus les avis qu'il n'estimait leur influence, il ordonna au garde du grand sceau de la porter le jour même à la Chambre haute, s'applaudissant de son adresse à préparer un meilleur avenir *.

La surprise des Lords fut extrême; ils ne pouvaient croire que douze évêques dont l'existence parlementaire était en question prétendissent disposer ainsi du sort du Parlement lui-même, et l'anéantir en s'en séparant. Communiquée sans délai aux Comnnmes, la protestation y fut reçue avec cette colère apparente et cette joie secrète qu'inspirent les fautes d'un ennemi. L'accusation des évêques fut soudain proposée et résolue pour attentat aux lois fondamentales du royaume et à l'existence des Parlements '. Irrités de leur imprudence, et

* L'archevêque d'York et les évêques de Durbaui, Lichfield, Saint-Asaph, Oxford, Baih et Wells, llerelord , Ely, Glocester, Peterborough, Landaffet Norwich.

* Le 30 décembre ]641. Parliam. Hist., t. II, col. 993.— Clfjeadon, Hist. ofthe rebelL, t. II, p. JOtJ-320.

» ParUam. Hist., t. II, col. 991 et suiv.— Wbitelocke, p. 51.

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