CHAMBRE DES COMMUNES
persistât encore dans son dessein, c'était sans en rien espérer, sans savoir même comment racconi[)lir. Offensés et désolés, ses plus sages amis, Falkland, Hyde, Colepepper, se tenaient à l'écart et ne conseillaient rien. Une proclamation fut publiée; elle ordonnait qu'on fermât les portes, et défendait à tout citoyen de prêter asile aux accusés'; mais personne, même à la cour, ne s'abusait sur le pouvoir de tels ordres; on n'ignorait pas oiî étaient les cinq membres; la maison même qu'ils occupaient était connue -; nul ne pensait qu'on y pût pénétrer. Lord Digby seul voulut expier, par son audace, l'imprudence de ses avis et sa faiblesse dans la Chambre haute au moment de l'accusation. 11 offrit au Roi d'aller en personne, avec Lunsford et quelques Cavaliers, enlever les accusés de leur retraite, et de les lui amener, morts ou vivants. Mais Charles, soit par un reste de respect des lois, soit d'un esprit timide autant que téméraire, repoussa la proposition, et résolut d'aller lui-même le lendemain dans la cité demander solennellement au conseil commun qu'on lui livrât les prévenus, se flattant que, par sa présence et de gracieuses paroles, il adoucirait ce peuple dont il n'avait pas prévu le courroux '.
Vers dix heures du malin, en effet *, il sortit de Whi-
1 Clarendon.HisJ., of therehell, t. Il, p. 332.
• Dans Coleman-Street. — Clarendon, Ilist. of Ihe rehelL, t. lî, >. 338.
a Ciarcndon, lijst. ofihereldl, t. II, p. 332.
* Le 5 janvier 1G42.