‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 98 sur 144 · LE ROI SE REND · texte numérisé non relu

LE ROI SE REND

tehall, sans gardes, et témoignant une entière confiance dans l'affection de ses sujets. La foule se pressait sur son passage, mais froide et sombre, n'élevant la voix que pour le conjurer de bien vivre avec son Parlement *. En quelques lieux, des cris plus menaçants se firent entendre; les mots : Privilège! privilège! retentirent autour de lui, et un nommé Walker jeta dans sa voiture un pamphlet intitulé : A vos tentes, Israël! cri de révolte des dix tribus de Jérusalem, en se séparant de Roboam *. Arrivé à Guildliall, Charles réclama les cinq membres, affable et doux dans son langage, protestant de son dévouement à la religion réformée, de sa sincérité dans ses concessions, et promettant d'agir en tout selon les lois. Nuls applaudissements ne lui répondirent; comme le peuple, le conseil commun était grave et triste. Le Roi s'adressa à l'un des shériffs, presbytérien ardent, disait-on, et lui dit qu'il irait dîner chez lui. Le shériffs'inchna, et, la séance terminée, reçut le Roi dans sa maison avec pompe et respect. Mais , en retournant à Whitehall, Charles n'obtint de la foide que le même accueil, et rentra dans son palais, courroucé et abattu ^

I Whitelocke, p. 51. — Clarendon , Hist. of the rehell., t. II, p. 334.

* Rushworth, part. III, 1. 1, p. 479.

« Clarendon, Hist. of the rebell. , t. II, p. 333-334.— Rusliworth, part. III, 1. 1, p. 479-480.

La correspondance du marquis de la Ferté-Inbault, alora ambassadeur de France à Londres, donne de curieux détails sur l'état intérieur de la cour de Charles I" à cette époque, et sur les intrigues croisées dé la France et de l'Espagne qui venaient

DANS LA CITÉ (5 janvier 1642). 331

La Chambre s'était assemblée * ; elle avait voté qu'après une si énorme violation de ses privilèges, tant que réparation ne lui serait pas faite, et qu'une garde sîîrc ne la mettrait pas à l'abri de tels périls, elle ne pouvait siéger librement, et s'était ajournée pour six jours'. Mais, en s'ajournant, elle ne cessait point d'agir. Un comité, investi de grands pouvoirs % eut ordre de s'établir dans la cité, de faire une enquête sur le dernier attentat, et d'examiner l'état général du royaume, surtout de l'Irlande, de concert avec les citoyens, fidèles amis du Parlement. L'installation du comité eut lieu à Guildliall, en grande pompe * ; une forte garde l'y attendait ; une députation du conseil commun vint à sa rencontre, et mit à sa disposition toutes les forces, tous les services des habitants ^ Ses séances furent aussi actives que celles de la Chambre; tout membre avait droit d'y assister. La maison qui servait d'asile aux cinq accusés était voisine; rien ne se faisait qu'à leur connaissance et d'après leurs conseils *. Plusieurs fois même ils se rendirent en personne au comité, et le peuple les applaudis-

compliquer et envenimer les luttes parlementaires. (Document$ historiques, n° VIII.)

* Le 5 janvier 1G42.

* Au 11 janvier 1642.

s II était composé de vingt-cinq membres : deux ministres da Roi , lord FalklaiiJ et sir John Colepeppcr en faisaient partie.— Kusliworth, part. III, t. I, p. 479.

* Lo 6 janvier.

5 Claroiulon, Hist. of the rebvU., t. II, p. 330-337. « Ilnd., p. 338.— Whitelocke, p. 51.

Page 1