REXDEZ-YOUS DE L'ARMÉE
Rainsborough, Ewers, Scott, John Lilbiirne lui-même, autorisé naguère par les Communes, et pour sa santé, à sortir chaque matin de la Tour, la parcouraient à cheval, allant de troupe en troupe, encourageant les plus animés, traitant les modérés de lâches, répétant partout que, puisque l'épée était en leurs mains, ils étaient en conscience tenus de s'en servir pour assurer pleinement et à jamais la liberté de leur pays. Au milieu de ce tumulte, Fairfax, Crom-svcll, et leur étatmajor, s'avancèrent vers les régiments paisibles : et là fut lue, au nom du Conseil général des officiers, une remontrance calme et ferme, qui reprochait aux nouveaux agitateurs leurs séditieuses menées, les périls qu'elles faisaient courir à l'armée, rappelait les preuves d'affection et de fidélité que lui avaient données ses chefs, les succès qu'elle avait obtenus sous leur conduite, promettait enfin de soutenir auprès du Parlement les justes vœux des soldats, soit pour eux-mêmes, soit pour la patrie, si à leur tour ils signaient rengagement de rentrer sous les lois de la discipline, et de respecter désormais les ordres de leurs officiers. Sept régiments accueillirent cette lecture avec de joyeuses acclamations. Fairfax s'avança vers celui de Harrison. A peine les cavahers eurent entendu sa voix et ses promesses qu'ils arrachèrent de leurs bonnets l'Accord du peuple, et s'écrièrent qu'on les avait trompés, quilà voulaient vivre et mourir avec leur général. Le régiment de Lilburne restait seul, mais toujours rebelle el violemment agité ; déjà même il commençait à répondre