A WARE (15 NOVEMBRE
occasion, et il en rendit compte aux Chambres avec une gaieté dont s'étonnèrent les moins soupçonneux * ; symptôme alarmant de quelque succès ou de quelque espérance qu'on tentait en vain de pénétrer.
A peine deux jours s'étaient écoulés qu'il inspirait à ses ennemis de nouvelles et bien plus vives alarmes. C'était le 15 novembre que devait avoir lieu à Ware, dans le comté de Hertford, le premier des trois rendezvous assignés à l'armée, pour mettre un terme à ses dissensions, Cromwell s'y rendit avec Fairfax, et entouré des officiers les plus sûrs. Sept régiments seulement avaient été convoqués ce jour-là, ceux qui montraient le moins d'exaltation et au sein desquels la discipline semblait plus aisée à rétablir. On comptait sur leur soumission pour intimider, ou sur leur exemple pour calmer les plus passionnés. Mais en arrivant dans la plaine de Ware, les généraux y trouvèrent neuf régiments au lieu de sept; ceux de Harrison, cavalerie, et de Robert Lilburne, infanterie, étaient venus sans ordres et en proie à la plus violente fermentation. Le dernier avait chassé tous ses officiers au-dessus du grade de lieutenant, à l'exception du capitaine Bray, qui le commandait; les soldats i)ortaicnt tous, attaché à leur bonnet, un exemplaire de V Accord du peuple, avec cette inscrip lion : « Liberté de rAnglelerre, droits dos soldais. » Dt moment en moment, et comme saisis d'un tiansport commun, leurs cris retentissaient dans la plaine:
» CiaicaJop, lliil.oftherehdl., t. IX, p. 18.