DANS LE PARLEMENT
qu'il n'avait pas su discerner clairement l'œmre du Seigneur ni se confier uniquement à ses saints, s'en humilia devant eux et réclama le secours de leurs prières pour obtenir du ciel son pardon. Les prédicateurs les plus populaires, Hugh Peters entre autres, enthousiaste intrigant et bavard, se chargeaient de répandre partout ses protestations et ses aveux. Il fit même donner aux soldats en prison de rassurantes promesses. Il insistait seulement, mais du ton le plus ferme, sur la nécessité de maintenir dans l'armée l'union et la discipline, seul moyen de succès et même de salut*. Beaucoup crurent à ses paroles, toujours passionnées et puissantes; d'autres, moins aveugles, sentaient quel besoin ils avaient de son génie, et même en doutant, ne pouvaient se résoudre à repousser son repentir. La plupart avouaient d'ailleurs que les agitateurs s'étaient emi)ortés trop vite et trop loin, que les soldats devaient à leurs officiers plus de soumission et de respect. Rainsborough, Scott, Ewcrs, convinrent eux-mêmes de leurs torts, et promirent plus de prudence à l'avenir. Une grande réunion eut lieu enfin au quartier général* : officiers, agitateurs et prédicateurs passèrent ensemble dix heures en entreliens et en prières; les intérêts communs surmontèrent, sans les dissiper, les rancunes et les méfiances; il fut décidé que les prisonniers seraient mis en liberté, que le capitaine Braj
* Mémoires de Berkley, p. 215-217.
» Le 22 décembre 1G47.
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