‹ Histoire de Charles IerChapitre 103 sur 151 · RUPTURE DES RELATIONS · texte numérisé non relu

RUPTURE DES RELATIONS

retournerait à son régiment^, qu'on prierait les Ctiambres de rendre à Rainsborougli ses fonctions de viceamiral qu'elles Tenaient de lui retirer'; et un dîner solennel * célébra cette réconciliation dont la ruine du Roi était le prix.

Sur ces entrefaites arriva au quartier général^ sir Jobn Berkley, que Charles, instruit de l'issue du rendezvous de \Yare, se hâtait d'envoyer aux généraux pour les féliciter de leur victoire et leur rappeler leurs promesses. Porteur de lettres non-seulement du Roi, mais aussi de Hammond, pour Fairfax, Ireton et Cromwell, Berkley n'était pourtant pas sans inquiétude ; il avait rencontré dans sa route le cornette Joyce, qui s'était étonné de sa confiance et lui avait dit que les agitateurs, loin de rien craindre, avaient entraîné les généraux et se préparaient à faire au Roi son procès. A son arrivée à Windsor, le Conseil des officiers était réuni ; il s'y présenta et remit au général ses lettres. On lui ordonna de sortir sur-le-champ. Rappelé au bout d'une demi-heure : « Nous sommes l'armée du Parlement, lui dit Fairfax «. d'un ton sévère; nous n'avons rien à répondre aux 0 propositions de Sa iMajesté; c'est à lui seul d'en ju- .< ger. » Berkley jeta les yeux sur Cromwell, puis sur Irclon;iisle saluèrent à peine et avec un sourire de

1 Rushworth, part. IV, t. II, p. 943.— Clarendon, State-Papart, t. II, Appendice, p. xliv. — Whitelocke, p. 2S6. — Mémoires de Huntington, p. 328.

• Le 9 janvier 1G48. Rushworth, part. IV, t. II, p. 959.

• Dans les derniers jours du mois de novembre.

EKtRE LE ROI ET L'ARMÉE (janvier IGiS). ^55

dédain. Il se retira stupéfait : la journée s'écoula sans qu'il pût découvrir aucune explication, aucune nouvelle ; vers le soir enfin, le commandant Watson, celui des officiers avec qui il avait eu les relations les plus intimes, lui fit dire de se trouver à minuit dans un certain enclos, derrière l'auberge de la Jarretière, qu'il 'y rendrait également. Là Berkley apprit ce qui s'était passé et quelle ardeur transportait l'armée : « Elle est « telle, lui dit Watson, que je hasarde ma vie en ve- « nant ici ; car, cette après-midi même, Ireton vient de « faire deux propositions, lune de vous envoyer pri- « sonnier à Londres, l'autre de défendre, sous peine de « mort, que personne communique avec vous. Que le « Roi donc, s'il aime la vie, s'échappe sans retard, s'il « en a les moyens. — Me conseillez-vous du moins, lui « demanda Berkley, de faire passer à Gromwell et à « Irelon les lettres que le Roi m'a données pour eux ? « — N'y manquez pas; autrement ils se douteraient que « je vous ai découvert leur dessein '. »

Comme Watson lavait prévu, Berkley n'obtint des deux généraux ni entrevue ni réponse : a Je ferai de « mon mieux pour servir encore le Roi, lui fit dire seu- « lenient Gromwell; mais qu'il n'attende pas (pie je me « perde pour l'amour de lui. » Sir John se hâta de mander au Roi ces tristes nouvelles, le conjurant de ne pas tarder un moment à s'évader. Cliarles y eût peutêtre réussi; un bâtiment envoyé par la Reine naviguait,

» Mémoires de Berkley, p. 212-217.

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