‹ Histoire de Charles IerChapitre 106 sur 151 · INCERTITUDES DE CROMWELL · texte numérisé non relu

INCERTITUDES DE CROMWELL

on décréta qu'aucun délinquant, aucun homme a'vant pris part ou accusé d'avoir pris part à quelque complot contre le Parlement, ne pourrait être élu lord maire, ou alderman, ou membre du Conseil commun de la cité, ni même concourir à l'élection de ces officiers •; et la même interdiction fut bientôt appliquée aux fonctions de juré et à l'élection des membres des Communes-. Le comité chargé de réprimer la licence de la presse eut ordre de siéger tous les jours, et une somme fut mise à sa disposition pour récompenser quiconque découvrirait et ferait saisir les presses des malveillants ^. Enfin l'armée traversa Londres encore une fois en grand appareil de guerre, et trois mille hommes en furent détachés, qui prirent leurs quartiers dans l'intérieur de la ville, auprès de ^Yhitehall et de la Tour *.

Les fanatiques, les esprits étroits et durs, le peuple du parti s'applaudissaient de ces mesures, preuve éclatante de leur force et qui redoublait leur ardeur. Cromwell seul s'en inquiétait en y concourant, *non par aucun scrupule, ni qu'il hésitât à tout faire pour réussir; mais en dépit de ses résolutions contre le Roi, les espérances comme les prétentions des républicains et des enthousiastes lui semblaient insensées : il voyait partout dans les comtés les principaux francs- tenanciers, les

' Le 17 décembre. Rusliworth, part. IV, t. II, p. 934. « Rushworth, part. IV, t. II , p. 1252.

* Le G janvier 1648. Rushworth, part. IV, t. II, p. 957.

* Joxtrnals of the House of Gommons, 27 janvier 1G48. — Clcmeni Walker, HUt, of independency, p. 79.

(janvier 1648). 987

riches bourgeois;, presque tous les hommes notables se retirer des affaires pu])li({uc?, abandonner les comités administratifs, les magistratures locales, et le pouvoir passant aux mains de gens d'une condition inférieure, ardents à s'en saisir, capables de l'exercer avec vigueur, mais peu propres à le garder*. Il ne pouvait croire que l'Angleterre consentît longtemps à être ainsi gouvernée, ni que rien de durable se pût fonder sur l'oppression légale de tant et de si considérables citoyens, ni que la discorde et l'anarchie, de plus en plus croissantes dans le Parlement et sous son empire, ne devinssent pas fatales, même aux vainqueurs. Son infatigable imagination se travaillait à chercher quelque moyen d'y mettre un terme, à démêler du moins, dans ce chaos obscur, la route la plus prompte et la plus sûre vers la grandeur. Il réunit un jour à dîner les principaux indépendants et presbytériens, tant ecclésiastiques que laïques, et les entretint avec passion de la nécessité de se concilier, d'ajourner au moins leurs querelles, pour faire face ensemble aux périls nouveaux qu'il était aisé de prévoir. Mais riumieur des presbytériens était hautaine, et leurs prétentions théologiques trop exclusives pour se prêter à de telles combinaisons. La conférence fut sans résultat. Cromwell en provoqua une autre entre quelques meneurs politiques, la plupart officiers généraux comme lui, et les républicains. Il fallait bien,

* Clarendon, Hist. of therebell., t. IX, p. 33. — Mémoires da Hollis,p. 5. — .¥t')»iotVes de mistriss llutoliinsou, t. Il, passim.

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