NOUVELLES OUVERTURES DU PARLEMENT
« dans quelque château voisin, quelle sécurité peut vous « donner sa parole d'y rester tant qu'on négociera? Le « Roi s'est parjuré vingt fois; vous ne devez pas vous « fier à lui. » Plusieurs voix s'élevèrent, entre autres celle de Vane, à l'appui de cette assertion. «Je suis, dit « sir Symonds d'Ewes, d'un avis tout opposé; je crois « non-seulement que la Chambre doit se fier au Roi , « mais qu'elle ne peut s'en dispenser. Monsieur l'ora- « leur, si vous ne savez pas quelle est votre situation, « permettez-moi de vous en instruire en peu de mots : « votre argent est a bout, votre or englouti , vos vais- « seaux en révolte, vous-mêmes dans le mépris; vos « amis les Écossais sont furieux contre vous; l'affection « de la cité et du royaume s'est entièrement retirée de « vous. Je vous laisse à juger si c'est là un état sûr, et « s'il n'est pas grand temi)sde tout faire pour en sortira» Les indépendants se récrièrent; mais beaucoup de membres , étrangers aux factions et accoutiunés à se porter , selon les temps, vers l'un ou vers l'autre côté , approuvaient en silence les paroles de sir Symonds; on vota qu'il fallait traiter : seulement la Chambre persista % contre le vœu des Lords, à exiger du Roi l'adoption préalable des trois bills, et rien ne fut réglé quant au lieu où s'ouvriraient les négociations. On discutait avec le Conseil commun les mesures à
1 Clément Walker, fîî'si. ofindependency,-p. lOS-llO.—P arliam. Eist., t. m, col. 922-924.
2 A quatre-vingts voix contre soixante-douze. Parliavi, Hist. t. III, col. 924.
AU ROI (juin 1648). 287
prendre pour qu'elles pussent avoir lieu à Londres, sans péril pour le Roi ni le Parlement \ quand arriva la nouvelle que les Écossais venaient d'entrer dans le royaume *, et que Lambert se repliait devant eux. Malgré les menées d'Argylc et les fougueuses prédications d'une partie du clergé, Hamilton était enfin parvenu à lever et mettre en marche une armée. Elle ne répondait point, il est vrai , aux premières résolutions du Parlement : au lieu de quarante mille hommes, à peine en comptait-elle quatorze mille; la cour de France avait promis des munitions et des armes, on n'avait rien reçu; le prince de Galles devait passer en Ecosse et prendre le commandement, il restait en Hollande ; les Cavaliers mêmes de Langdale et de Musgrave ne s'étaient pas réunis à leurs alliés, car ils avaient refusé de jurer le covenant, et Hamilton n'eût pu, sans se perdre dans son propre parti, placer de tels infidèles à côté de ses soldats; ils formaient donc un corps séparé, qui semblait n'agir que pour son compte, et toujours à distance des Écossais. Enfin les préparatifs de Hamilton, traversés par tant d'obstacles, n'étaient point terminés, ni ses régiments au comjilet, ni son artillerie en état, quand re\l)losion prématurée des insurrections royalistes en Angleterre vint le contraindre de hâter son départ ; et il sortit d'Ecosse mal pourvu, inquiet, poursuivi par les
« Rushworth, part. IV, t. II, p. 1185, 1187. » Le 8 juillet. Parliam. Hist.. t. III, col. 031. —Rush worth^ part. IV, t. II, p. 1188.