‹ Histoire de Charles IerChapitre 117 sur 151 · INVASION ROYALISTE DES ECOSSAIS · texte numérisé non relu

INVASION ROYALISTE DES ECOSSAIS

invectives d'une multitude de fanatiques qui pi'Oi)hétisaient la ruine d'une armée employée, disaient-ils, à rendre au Roi ses droits avant que Christ fût en possession des siens ^

La nouvelle de l'invasion n'en émut pas moins toute l'Angleterre : rien ne semblait pouvoir s'y opposer : Fairfax était toujours retenu devant Colcliester, Cromwell devant Pembroke ; l'insurrection, à peine comprimée, pouvait renaître partout, à toute heure. L'embarras des presbytériens était extrême ; le peuple même, bien disposé pour eux , avait repris contre les Écossais son ancienne aversion, n'en parlait qu'avec insulte, rappelait comment ils avaient vendu naguère le Roi que maintenant ils prétendaient délivi^er, voulait enfin qu'avant tout on chassât du royaume ces avides et menteurs étrangers. La motion fut faite dans les Communes ^ de les déclarer ennemis pubhcs, et traître quiconque les avait appelés ; quatre-vingt-dix voix la repoussèrent, mais sans hardiesse ni succès : elle n'échoua qu'à la Chambre hautes Les Lords votèrent en outre qu'il fallait presser les négociations avec le Roi *, et cette fois

Rushworth, part. ,IV, t. II, p. 1196-1198. — Clarendon, Hist

ofthe rebell., t. IX, p. 112, 114, 142 Mémoires de Ludlcnv, t. I,

p, 297. — Bowring, p. 98. — Mémoires de Herbert, p. 57. — Mal» colm Laing, Hist. of Scotland, t. III, p. 394-402.

2 Le 14 juillet. Parliam. Hist., t. III, col. 934.

» Le 18 juillet. Ibid., col. 936.

• liushwortb, part. IV, t. II, p. 1183.

EN ANGLETERRE (juillet 1648). 289

les presbytériens obtinrent des Communes * qu'elles n'insisteraient plus sur les trois bills dont elles avaient voulu faire la condition préalable de tout traité. Mais sans sinquiéter de ces vicissitudes dans la fortune journalière des partis, le comité de Derby-House, toujours au pouvoir des indépendants, envoyait à Lambert de l'argent, des renforts, ordonnait à Cromwell de diriger vers le nord toutes les troupes dont il pourrait disposer, de s'y rendre en personne dès qu'il serait libre; et les chefs républicains eux-mêmes, humiliant leurs méliances devant son génie, lui écrivaient sous main de ne rien craindre, dagir avec vigueur, et de compter sur eux, quelque opposition qu'il eût jadis essuyée de leur part *.

Cromvv'ell n'avait attendu pour agir ni ordres ni promesses : depuis un mois déjà, bien informé, peut-être par Argyle, de l'état et des mouvements de l'armée écossaise, il avait mandé à Lambert de se replier dès qu'elle paraîtrait, d'éviter toute action, qu'il serait bientôt en mesure de le soutenir. Le château de Pembroke capitula en effet trois jours après l'invasion ', et le surlendemain Cromwell partit à la tête de cin(i ou six mille honnnes, mal chaussés, mal vêtus, mais tiers de leur gloire, irrités de leurs périls, pleins de conliance dans

* Le 28 juillet, à soixante-onze voix contre soixante-quatre. Parliam. Eist., t. III, col. 956.

5 .Vcinoires de Ludlow, t. I, p. 304. — Godwin, Hist. of the com^ monneatth, t. II, p. 591.

» Le 11 juillet 1G18. Rusliworth, part. IV, t. II, p. 1190,

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