CHARLES VEUT DISSOUDRE
pentir. La conduite du Roi était l'objet des invectives et des sarcasmes populaires ; on rappelait ses protestations si récenteS;, et le ton si hautain de ses apologies quand on s'était plaint des intelligences de la cour avec les insurgés; on s'applaudissait d'avoir si judicieusement pressenti ses menées secrètes ; on s'indignait qu'il eût pu se flatter d'en imposer ainsi à son peuple,, et compter sur le succès d'une si grossière mauvaise foi. Ce fut bien pis quand on sut qu'un assez grand nombre de papistes irlandais étaient mêlés aux troupes rappelées, que des femmes même, armées de longs couteaux et sous un accoutrement sauvage, avaient été vues dans leiu'srangs \ Non content de ne plus venger le massacre des protestants d'Irlande, le Roi prenait donc à son service, contre les protestants d'Angleterre, leurs féroces meurtriers. Beaucoup de gens , même d'une condition supérieure aux préventions passionnées de la multitude , portèrent dès lors au Roi une haine profonde, les uns à cause de sa duplicité, les autres en raison de sa faveur pour d'odieux papistes, et l'insulte accompagna souvent son nom jusque-là ménagé.
Bientôt instruit de ce déchaînement et des soins du Parlement pour le fomenter ; olfensé, comme d'un outrage, qu'on osât juger de ses intentions d'après ses actes, non d'après ses discours, Charles à son tour fut saisi d'un redoublement de colère; il manda Ilyde : «C'est, lui « dit-il , faire trop d'honneur à ces rebelles de West-
1 Wbitelocke, p. 71, 77.