SOÎ NÉGOCIATIONS DANS L'ILE DE
der ses propres concessions, obstiné à soutenir son droit au moment même où il y renonçait, inépuisable en subtilités, en réticences, donnant chaque jour à ses adversaires quelque nouveau motif de penser que la nécessité la plus dure était contre lui leur seule garantie. Il persistait d'ailleurs, autant par conscience que dans l'intérêt de son pouvoir, à repousser l'abolition de répiscopat et les rigueurs dont on voulait frapper ses principaux partisans. Enfin, après avoir solennellement promis de faire cesser en Irlande toute hostilité^, il mandait sous main à Ormond ^ : « Obéissez aux ordres « de ma femme, nullement aux miens, tant que je ne « vous aurai pas fait savoir que je suis libre de toute « contrainte; ne vous inquiétez pas non plus de mes « concessions sur l'Irlande; elles n'aboutiront à rien. » Et le jour où il avait remis pour vingt ans aux Chambres ^ le commandement de la force armée, il écrivait à sir William Hopiiins : a A vous dire vrai, ma grande « concession de ce matin n'a été faite que pour facilitier * ma prochaine évasion; sans cet espoir, jamais je a n'aurais cédé de la sorte ; j'aurais pu, après un refus, « retomber sans trop de chagrin dans ma captivité ; u mais j'avoue qu'à présent elle me briserait le cœur, « car j'ai fait ce que mon évasion peut seule justifier *. »
• Journals of the House of Lords^ 1" décembre.
• Le 10 octobre. Carte, Ormond's Life, t. II, Appendice, n" 31, 32, p. 17.
3 Le 9 octobre. Parliam. Hist., t. III, col. 1048.
• WagslaCf, Findtca/jon oftheroyal martyfj etc., Appendice. p. 163«
WIGHT (SEPTEMBRE-N'OVEMBRE 1648). 30S
Le Parlement, sans les bien connaître, soupçonnait toutes ces perfidies : les amis mêmes de la paix, le» hommes les plu? émus du sort du Roi et du désir de le sauver, ne repoussaient qu'avec embarras les accusations des indépendants. Les dévots presbytériens en même temps, bien que modérés dans leurs intentions politiques, étaient invincibles dans leur haine de l'épiscopat, et ne voulaient admettre, quant au triomphe du covenanl, ni moyen terme ni délai. Cette idée sétait de plus établie dans les esprits, qu'après tant de maux attirés sur le pays par la guerre, il fallait que le parti ■vaincu en subît légalement la responsabilité, et que pour satisfaire à la justice divine, manifestée dans les livres saints par d'éclatants exemples, le crime des vrais coupables fût expié par leur châtiment. On disputait sur le nombre : les enthousiastes populaires voulaient, à ramnislic que devait proclamer la paix, une multitude d'exceptions; les presbytériens n'en demandaient que sept% mais avec un acharnement insurmontable, car ils auraient cru, en y renonçant, accepter leur propre condamnation. Des préjugés étroits, des sentiments haineux s'opposaient ainsi, dans le parti pacifique luimême, au succès des négociations. Cinq fois pendant leur cours ' on vota que les offres ou les concessions du Roi étaient insuffisantes. Dans ces incertitudes, le terme
» Les lords Newcastle et Digby, sir Marmaduke Langdale, sir Richard Greenville, David Jenkins, air Francis Doddindgton et sir Jolin Byron.
* Les "2, 11 et 27 octobre, les 2 et 24 novembre.