NÉGOCIATIONS DANS L'ILE DE WIGHT
assigné à la durée des conférences vint à expirer ; on le prorogea trois fois ^ ; on décida que les dimanches et les jours de fêtes ne seraient pas comptés % mais sans rien céder de plus, sans donner aux négociateurs ni instruclions nouvelles ni la moindre liberté. Le Roi, de son côté, au nom de son honneur et de sa foi, déclarait qu'il n'irait pas plus loin ; « Je siiis, disait-il, comme ce capi- « taine qui, ne recevant de ses chefs plus de secours, « eut la permission de rendre sa place. — Us ne peuvent « me secourir quand je le demande, dit-il; qu'ils me « secourent donc quand ils pourront; en attendant, je « tiendrai dans la place jusqu'à ce qu'une de ses pierres « serve à couvrir ma tombe. — J'en ferai autant, ajou- 0 tait Charles, pour l'Éghse d'Angleterre ^ » Et la négociation continuait immobile, vaine, propre seulement à faire éclater l'impuissante anxiété des deux partis, obstinés l'un et l'autre à méconnaître et à repousser la nécessité \
Cependant toutes choses se précipitaient autour d'eux, prenant d'heure en heure une face ]j1us menaçante. Après deux mois de la résistance la plus acharnée, vaincu par la famine et la sédition *, Colchester se
* Les 2, 18 et 24 novembre.
» Le 20 octobre. Parliam. Hist., t. III, coL 1058. » Mémoires de Warwick, y. 280.
* Clarendon, State-Papers, t. II, p. 425-454 Hist. of the rebell. , t. IX, p. 222-201. ParUam. Eist., t. III, col. 1002-1129, passim. Mémoires de Warwick, p. 275-283; de Herbert, p. 70-79. — Bowring, p. 92-143.
s Le 27 août 1848. Rushworth, part. IV, t. II, p. 1241-1249.
COLCHESTER SE REND (27 août 1648). 305
rendit enfin; et dès le lendemain un conseil de guerre condamna à mort trois de ses plus braves défenseurs, sir Charles Lucas^ sir George Lisle et sir Bernard Gascoign, pour l'exemple, dit-on, des rebelles futurs qui seraient tentés de les imiter. En vain les autres prisonniers, lord Capel à leur tête, demandèrent à Fairfax de suspendre l'exécution de l'arrêt, ou d'ordonner qu'ils le subissent tous, puisqu'ils étaient tous aussi coupables que leurs compagnons. Excité ou plutôt intimidé par Ireton, Fairfax ne répondit point, et l'ordre fut donné de fusiller sur-le-champ les trois officiers. Sir Charles Lucas subit le premier son sort : comme il tombait, Lisle courut à lui, l'embrassa, et se relevant aussitôt : « Soldats, cria-t-il, approchez; vous êtes trop loin. — « Soyez tranquille, répondirent les soldats : nous ne « vous manquerons pas.— Camarades, dit Lisle en sou- « riant, j'ai été plus près de vous et vous m'avez man- « que;» et il tomba auprès de son ami. Gascoign se déshabillait déjà quand arriva pour lui un sursis du général'. Colchester rendu, il ne restait plus dans les comtés de l'est, aucun foyer d'insurrection. Au nord, Cromwell, vainqueur de llamilton, entra en Ecosse sans obstacle-; les paysans des comtés de l'ouest se levèrent en masse au premier bruit de sa victoire;; et, chaque paroisse conduite par son ministre, ils marchèrent sur Edimbourg pour en chasser les royalistes'. A deux
1 ClarenJon, Jiis^ of the rebell, t. IX, p. 171.
• Le 20 septembre.
• Cette expéilition fut nommée en Ecosse ''jnfunpction de»