LUTTE DES PRESBYTÉRIENS ET DES
de la première alarme. Mais, contre leur attente et malgré tous leurs efforts, le débat fut continué au lendemain '. 11 recommença bien plus acharné, au milieu du mouvement des troupes qui entraient de toutes parts et prenaient leur logement à Saint-James, à York-House, dans tous les environs du Parlement et de la cité. Les indépendants attendaient encore leur succès de la peur : « Aujourd'hui enfin, ditYane, nous allons savoir quels « sont nos amis et quels sont nos ennemis; ou, pour « parler plus clairement, nous verrons qui, dans cette « Chambre, est du parti du Roi, et qui du parti du « peuple. — 3Ionsieur l'orateur, reprit vivement un « membre dont le nom est resté inconnu, puisque le « préopinant s'est permis de diviser cette Chambre en « deux partis, j'aurai, je resjjère, le droit d'en faire a autant. Oui, monsieur, il y a ici des gens qui veulent « la paix, ce sont ceux qui ont perdu à la guerre ; il y en a a qui repoussent la paix, ce sont ceux qui ont gagné « à la guerre. Je propose donc humblement que les ga- « gnants indemnisent les perdants pour nous rem.ettre « tous sur le même })ied ; sans quoi, il n'y aura pas « moyen d'en finir. » Les indépendants se récrièrent, mais avec embarras; car, dans Tiui et l'autre parti, les intérêts personnels exerçaient un empire qu'euxmêmes osaient à peine nier. Rudyard , Stei)lien9 , Grirastone, Walker, Prideaux, Wroth, Scott, Corbet^ beaucoup d'autres soutinrent et combattirent tour à
• BarJiam. Hist., t. III, col. 1143-1145.
RÉPUBLICAINS DANS LK PARLEMENT (décembre 1648 . 313
tour la motion sans que le débat parût près de sa fin. Le jour baissait ; plusieurs membres s'étaient déjà retirés; un indépendant proposa de faire apporter des flambeaux, et de continuer la séance : « 3Ionsieur l'orateur, « dit un presbytérien, non-seulement ces messieurs se « flattent de nous glacer de crainte par l'approche de « l'armée, mais ils veulent prolonger toute la nuit la « discussion, dans l'espoir que les membres les plus « âgés, qu'on regarde comme les plus enclins à la paix, « s'en iront de lassitude avant le moment du vote. J'es- « père (jne la Chambre ne sera point dupe de cet arti- « tifice. » Et malgré les clameurs des indéi)cndants, le débat fut de nouveau ajourné \
Le surlendemain ^ en entrant en séance, une sombre rumeur agitait la Chambre. Le Roi, disait-on de toutes parts, avait été enlevé de lîle de Wiglit, pendant la nuit, malgré sa résistance, et emmené au château de Hurst, espèce de prison sur la côte en face de l'île, à l'extrémité d'un promontoire aride, désert et malsain. Vivement intei-pellés, les meneurs iu(lé|)endanls gardaient le silence. La séance commença; l'orateur lut des lettres venues de Newport et adressées à la Chambre par le major Rolph, qui y commandait en l'absence de Hammond. La rumeur était fondée, et toute relation
• Parliam. tlist., t. III, col. 1115-1117. — Mémoires de LuJlow.. 1. 1, p. 330.
* Le 4 décembre. Le débat avait été remis au surlendemain 4, parce que le lendemain 3 était un dimanche.