‹ Histoire de Charles IerChapitre 131 sur 151 · Î L'ARMEE EXPULSE LES PRESBYTERIENS · texte numérisé non relu

Î L'ARMEE EXPULSE LES PRESBYTERIENS

attira à la porte sous de faux prétextes, et des soldats se saisirent d'eux à l'instant : « Monsieur l'orateur, s'écria cr Birch, en essayant de se rejeter dans la salle, la « Chambre souffrira-t-elle que ses membres soient a ainsi chassés sous ses yeux, et continuerez-vous de a siéger immobiles? » La Chambre envoya son sergent d'armes porter aux membres qui se trouvaient dehors l'ordre de se rendre à leur poste ; Pride les retint : renvoyé une seconde fois, le sergent ne put parvenir jusqu'à eux. La Chambre décida qu'elle ne s'occuperait de rien tant qu'ils ne lui seraient pas rendus, et chargea un comité d'aller sur-le-champ les redemander au général. Le comité à peine sorti, un message vint de l'armée, présenté par le lieutenant-colonel Axtell et quelques officiers ; ils réclamaient l'exclusion officielle des membres arrêtés et de tous ceux qui avaient voté naguère en faveur de la paix. La Cliambre ne répondit point, attendant le résultat des démarches de son comité. Le comité rapporta que le général à son tour refusait de répondre jusqu'à ce que la Chambre eût pris, sur le message de l'armée, quelque résolution. Cependant les membres exclus étaient enlevés de Westminster, et promenés dans Londres de quartier en quartier, de taverne en taverne, tantôt entassés dans quelques voitures, tantôt à pied, dans la boue, entourés de soldats qui leur demandaient compte de leurs arrérages. Le prédicateur Hugh Peters, chapelain de Fairfax, vint solennellement, et l'épée au côté, prendre leurs noms de la,part du général; sommé par plusieurs d'entre eux

DE LA CHAMBRE DES COMMUNES (6 décembre 1648). 323

de (lire de quel droit on les arrêtait : a Du droit de « répce, » répondit-il. Ils firent prier le colonel Pride de les entendre : «Je n'ai pas le tempS;, dit Pride, j'ai « autre chose à faire. » Fairf'ax et son conseil, en séance à ^YIlitellall, leur promirent enfin audience : ils s'y rendirent; mais après plusieurs heures d'attente, trois officiers vinrent leur annoncer que le général, trop pressé, ne pouvait les recevoir. Quelque embarras se cachait sous tant de mépris; on évitait leur rencontre ; on craignait que leur invincible entêtement ne provoquât trop de rigueurs. Malgré l'audace de leurs desseins et de leurs actes, les vainqueurs mêmes portaient au fond de l'âme, et sans s'en douter, un secret respect à l'ordre ancien et légal; en dressant leur liste de proscription, ils s'étaient contenus dans les limites d'une rigoureuse nécessité, espérant qu'une seule épuration suffirait à assurer leur triomphe. Ils voyaient avec trouble la Chambre obstinée à réclamer ses membres, et leurs adversaires conservant un parti puissant, peutêtre la majorité. Cependant l'hésitation était impossible : on résolut de recommencer. Le lendemain 7, des troupes fermèrent une seconde fois les avenues de la Cliambre; la même scène se renouvela : quarante membres furent encore écartés; on en arrêta quelques-uns dans leurs niaison>. Us écrivirent à la Chambre pour demander leur mise en liberté; mais cette fois la délaite des presbytériens était consommée; au lieu de leur répondre, la Chambre accueillit, à cinquante voix contre vingthuit, la motion de prendre en considération les propo-

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