‹ Histoire de Charles IerChapitre 132 sur 151 · L'ARMÉE EXPULSE LES PRESBYTÉRIENS · texte numérisé non relu

L'ARMÉE EXPULSE LES PRESBYTÉRIENS

sillons de l'armée. Cette dernière minorité se retira d'elle-même, protestant qu'elle ne rentrerait point dans la Chambre tant que justice ne serait pas faite à ses collègues; et après l'expulsion de cent quarante-trois membreSj qui pour la plupart ne furent point arrêtés ou sortirent de prison peu à peu et sans bruit, les républicains et l'armée se virent enfin, dans le Parlement comme au dehors, en pleine possession du pouvoir *.

Tout céda, tout se tut dès ce jour; aucune résistance, Aucune voix ne vint plus troubler le parti dans l'ivresse de sa victoire ; seul il parlait, seul il agissait dans le royaume , et pouvait croire à la soumission ou au consentement universel. Aussi l'enthousiasme des fanatiques était au comble : « Comme Moïse, » disait Hugh Peters aux généraux en prêchant devant les débris des deux Chambres, « comme Moïse, vous êtes destinés à tirer le « peuple de la servitude d'Egypte : comment s'accom- « plira ce dessein ? c'est ce qui ne m'a pas encore été « révélé. » 11 mit sa tête dans ses mains, se baissa sur un coussin placé devant lui, et se relevant tout à coup: a Voici, voici maintenant la révélation, je vais vous en a faire part. Cette armée extirpera la monarchie, nonce seulement ici, mais en France et dans les 'autres « royaumes qui nous entourent : c'est par là qu'elle

* Parliam. Hist.,t. III, col. 1240-1249. — Rushworth , part. IV, t. II, p. 1.353-1356. — Whitelocke, p. 354-355. —il/e'/noires de Ludlow, t. I, p. 328-335; — de ruistriss Hutchinson , t. II, p. 185-190; —de Fairfax, p. 411-412; —Walker, Hist. ofindependency, part. IV, p. 29 et suiv.

DE LA CHAMBRE DES COMMUNES (G okcembre 1G48). 325

« VOUS tirera dÉgyple. On dit que nous entrons dans « une route jiisciii'ici sans exemple : que pensez-vous de n la viertic Marie ? y avait-il auparavant quelque exemc pie qu'une femme pût concevoir sans la société d'un a homme ? ceci est un temps qui servira d'exemple aux i( temps à venir ^ » Et le peuple du parti se livrait avec transport à ce mystique orgueil. Au milieu de tant d'exaltation, le jour même où les derniers restes des presbytériens se retiraient des Communes -, Cromwell y vint reprendre sa place : « Dieu m'est témoin, répé- « tait-il partout, que je n'ai rien su de ce qui s'est fait « naguère dans cette Cliambre; mais puisque l'œuvre a est consommée, j'en suis bien aise , et maintenant il « faut la soutenir '. » La Chambre l'accueillit avec les plus éclatants témoignages de reconnaissance, LVateur lui adressa, pour sa campagne d'Ecosse, des remercîmcnts officiels ; et en sortant de la séance, il alla prendre son logement à Whitehall, dans les appartements mêmes du Roi \ Le lendemain, l'armée s'empara des caisses des divers comités, forcée, dit-elle, de pourvoir ellemême à ses besoins, pour ne pas peser plus longtemps sur le pays^ Trois jours après ®, elle envoya à Fairfax,

1 Walker, Hist. ofindependcncxj, part. II, p. 49-50. — Parliam. Hist.,t. III, col. 1252.

> Le 7 décembre.

• Mémoires de Ludlow, t. I , p. .33ti.

» Parliam. Hist., t. III, col. 1216. — "Walkor, Ilisl. o/" inJepmiency, part. II, p. 34. — Whitelocke, p. 357. » Kushwortb, part. IV, t. II, p. 135G.

• Le 11 décembre.

SOUS le titre de nouvel accord du peuple, un plan de gouvernement républicain, rédigé, dit-on, par Ireton, et l'invita à le mettre en discussion dans le Conseil général des officiers, qui le présenterait ensuite au Parlement \ En attendant, et sans prendre la peine de demander l'aveu des Lords, les Communes révoquèrent tous les actes, tous les votes adoptés naguère en faveui de la paix et qui auraient fait obstacle à la révolution *. Enfin les pétitions reparurent pour que justice fût faite du Roi, seul coupable de tant de sang versé ^ et un détacbcment partit du quartier général avec ordre de ramener de Hurst-Castle à Windsor,

Le 17 décembre, au milieu de la nuit, Charles fut réveillé par le bruit du pont-levis qui se baissait et d'une troupe dhommes à cheval qui cntraitdans la cour du château. En un moment le silence se rétablit; mais Charles était inquiet; avant qu'il fût jour, il sonna Herbert, couché dans la chambre voisine : « N'avez-vous a rien entendu cette nuit? lui demanda-t-il. — J'ai ena tendu la chute du pont-levis, dit Herbert; mais je n"ai a pas osé, sans l'ordre du Roi, sortir de ma chambre à « une heure si indue. — Allez savoir qui est arrivé. » Herbert sortit, et bientôt de retour : « C'est le colonel « Harrison, sire.» Un trouble subit parut dans les traits du Roi. — « Étes-vous bien sûr que ce soit le colonel

» Rushworth, part. IV, t. II, p. 1358, 1365.

* Les 12 et 13 décembre. Parliam. Hist., t. III, col. 12471249,

» Rushworth, part. IV t. II, p. 1372.

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