‹ Histoire de Charles IerChapitre 134 sur 151 · LA CHAMBRE DES COMMUNES VOTE · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE DES COMMUNES VOTE

serait facile d'échapper soudainement à son escorte, et de déjouer, à travers les sentiers de la forêt que le Roi connaissait très-bien, la poursuite la plus acharnée. Charles, en effet, de Farnham à Bagshot, se plaignit sans cesse de son cheval, disant qu'il en voulait changer. Mais à peine arrivé, il apprit que, la veille, celui sur lequel il comptait avait reçu dans l'écurie un coup de pied si rude qu'il était hors d'état de servir. Lord Newburgh désolé en offjit d'autres au Roi, excellents, disait-il, et qui suffiraient à son dessein. Mais, avec le plus rapide même, l'entreprise eût été périlleuse, car les cavaliers de l'escorte se tenaient toujours très-près du Roi, tous un pistolet armé à la main. Charles renonça sans peine h courir de tels hasards ; et le soir, en arrivant à AYindsor, charmé de rentrer dans un de ses palais, d'y occuper sa chambre accoutumée, de trouver toutes choses préparées pour le recevoir à peu près comme au temps où il venait, avec sa cour, passer dans ce beau lieu des jours de fête, loin de se sentir tourmenté de sinistres présages, il avait presque oublié qu'il était prisonnier '.

Le môme jour -, presque au même moment, les Communes votaient qu'il serait traduit en justice, et chargeaient un comité de préparer l'accusation. Malgré le petit nombre de membres présents, plusieurs voix

i Mémoires de Herbert, p. 93-104. — Clarendon, Hist. ofthe re^ helh, t. IX, p. 289-292. — Rushworth, part. IV, t. II, p. 1375 — Whitelocke, p.359.

« Le 23 décembre. Parliam. Hist., t. III, col. 12Û2.

L'ACCUSATION DU ROI (23 décembre 1648). 331

s'élevèrent contre la mesure ; les uns demandaient (lu'on se bornât à le déposer, comme on avait fait jadis pour quelques-uns de ses prédécesseurs; d "autres, sans le dire, auraient souhaité qu'on s'en défît obscurément et de manière à profiter de sa mort sans en répondre. Mais les libertins hardis, les enthousiastes sincères, les républicains rigides voulaient un jugement public, solennel, qui prouvât leur force et proclamât leur droit** Cromwell seul, plus ardent que nul autre à le provoquer, gardait encore, en en parlant, d'hypocrites mesures : « Si quelqu'un, dit-il, faisait celte motion de a dessein prémédité, je le regarderais comme le plus 0 insigne traître qui fût au monde; mais puisque la « Providence et la nécessité ont jeté la Chambre dans « cette délibération, je prie Dieu de bénir ses conseils, « (luoique je ne sois pas prêt à donner sur-le-champ « mon avis*. » Par l'un de ces étranges mais invincibles scrupules où l'iniquité éclate en essayant de se couvrir, pour ne pas mettre le Roi en jugement sans une loi au nom de laquelle on pût le condamner, on vola en principe" qu'il y avait trahison de sa part à faire la guerre au Parlement; et sur la motion de Scott '*, une ordonnance fut aussitôt adoptée, instituant une haute

« Wbitelocke, p. 358.— Clarendon , Hisf. of the relelL, *.. IX, p. 283 et suiv.

« Walker, Hist. of independency, part. II, p. 54. » Le 2 janvier. PaWiam.iJisf., t. III, col. l-2r)3. * Walker, Hist. of independency, part. II, p. 55.

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