BATAILLE DE MARSTOX-MOOR
isolés ou par bandes, demandant des ordres, cherclianl leur corps, se battant dès qu'ils rencontraient l'ennemi, mais sans résultat comme sans dessein général. La déroute éclata tout à coup àl'aile droite des parlementaires; rompue et saisie d'effroi par une vigoureuse charge des royalistes, la cavalerie écossaise se dispejsa. Fairfax essaya vainement de la retenir ; les Écossais s'enfuyaient en tous sens, criant : « Malheur à nous ! nous sonnnes « perdus ! » Et ils répandirent si lapidement dans le pays la nouvelle de leur défaite que, de Neward, un coiu-rier Talla porter à Oxford, où, pendant quebjues heures, des feux de joie furent allumés. Mais, en revenant de la poursuite, les royalistes, à leur grande surprise , virent le terrain qu'ils occupaient naguère au pouvoir d'un ennemi vainqueur : pendant que la cavalerie écossaise fuyait devant eux, leur aile droite, bien que commandée par Robert lui-même, avait subi le mèn]e sort; après une lutte acharnée, elle avait cédé à l'invincibk obstination de CromAvell et de ses escadrons; l'infanterie de Manchester avait consommé sa défaite; et content d'avoir dispersé les cavaliers du prince, Cromwell, habile à raUier les siens, s'était reporté aussitôt sur le champ de bataille pour s'assurer la victoire avant de songer à en jouir. Après un moment d'hésitation, les deux corps victorieux rengagèrent le combat, et à dix hrures il ne restait plus un royaliste dans la plaine , si ce n'est trois mille morts et seize cents prisonniers *.
i Rushworth, part. III, t. II, p. 631-GiO.— Clarendon, ZTtsi. of
i2 JUILLET 1644). 47
Robert et Newcaslle rentrèrent dans York au milieu de la nuit, sans se parler, sans se voir; et à peine de letour, ils s'adressèrent réciproquement un message : a J'ai résolu , manda le prince au comte, de partir ce < matin avec ma cavalerie et tout ce qui me reste d'in- 0 fantcrie. — Je pars à l'instant même, lui fit dire New- « caslle, et vais passer la mer pour me retirer sur le tt continent. » L'un et l'autre tint parole : Newcastle s'embarqua à Scarborough; Robert se mit en marche vers Chester avec les débris de son armée, et York capitula au bout de quinze jours '.
Le parti indépendant tj'essaillit de joie et d'espérance : c'était à ses chefs, à ses soldats qu'était dû un si brillant succès; l'habileté de Cromwell avait décidé la victoire; pour la première fois des escadrons parlementaires avaient enfoncé des escadrons royalistes, et c'étaient les saints de l'armée, les cavahers de Cromwell. Avec leur général, ils avaient reçu sur le champ de bataille le surnom de Côles-de-Fer. L'étendard du prince Robert lui-même, pubhquement exposé à Westminster, attestait leur triomphe-, et ils auraient pu envoyer au Par-
tie rebeU.,t. VII, p. 153-166.— Mémoires de Ludlow, t. I, p. 139- 1J2, dans ma Collection. — Mémoires de Hollis, p. 20-24, ibid.~- Mémoires de Fairfax, p. 391-395, ihid.-^Mémoires de mistriss Hutchinsou, t. I, p. 437, ihid. — Whitelocke, p. 89. — Carte'a Letters, t. I, p. 56 et saiv. — Baillie, Letters, t. II, p. 36, 40.
' Le 16 juillet 1644. — Clareudon, Ilist. of therebell., t. Vil, p. 156.
- Au milieu de cet étendard on voyait un lion couchant; derrière lui un mâtin qui semblait le mordre, et de la gueule duquel