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eâ Les presbytériens veulent
(ance. Le lendemain, dans la Chambre haute, Manchester repoussa l'attaque, expliqua sa conduite, ses paroles, et à son tour accusa Cromwell d'indiscipline, de men- S*>nge, de trahison même ou de perfidie; car le jour de la baîaille, dit-il, ni lui ni son régiment n'avaient paru au poste qui leur était assigné. Cromwell ne répondit point, et renouvela plusyiolcmment ses accusations*. L'émotion fut grande parmi les presbytériens; depuis longtemps déjà Cromwell excitait toutes leurs alarmes. On l'avait vu d'abord, souple et flatteur auprès de Manchester, l'exalter en toute occasion aux dépens d'Essex, et acquérir peu à peu sur son armée bien plus d'empire que lui-même. lien avait fait le refuge des indépendants, des sectaires de toute sorte, ennemis du co venant comme du Roi ; sous sa protection, une licence fanatique y régnait; chacun parlait, priait, prêchait même à son gré et sans mission. En vain, pour balancer l'influence de Cromwell, on avait nommé major général le colonel Skeldon Crawford, Écossais et presbytérien rigide : Crawford n'avait su qu'accuser follement Cromwell de lâcheté, et Cromwell, sans cesse appliqué à épier les fautes de son adversaire, à le décrier parmi les soldats, à le dénoncer au Parlement et au peuple, l'avait bientôt mis hors d'état de lui nuire ^ Enhardi par ce succès et par les
» Rushworth, part. III, t. II, p. 732-736.— PaWtam. Hist., t. III, CoL 297. —Mémoires de Ludlow, t. I, p. 150-152. — Clarendon, Hist. oftherehell., t. VII, p. 251-254. — Mémoires de Hollis, p. 37.
2 Bailhe , Letters, t. II, p. 40, 41, 42, 49, 57, 60, 66, 69. —Mé' %noires de Hollis^ p. 20-22.
ACCUSER CROMWELL. 'î^
projrrès visibles de son parti, il s'était ouvertement déclaré le patron de la liberté de conscience, et avait même obtenu des Chambres *, avec l'aide des libertins et des philosophes, la formation d'un comité chargé de rechercher comment on pourrait contenter les dissidents ou les laisser en paix. Maintenant il attaquait Manchester lui-même, ne parlait des Écossais qu'avec insulte, se faisait fort de triomi)her sans eux, de les chasser même d'Angleterre, s'ils prétendaient l'opprimer à leur tour, poussait enfin laudace jusqu'à mettre en question le trône, les Lords, tout l'ordre ancien et légal du pays*. Irrités et inquiets, les chefs des presbytériens et des politiques modérés, les commissaires écossais, Ilollis, Slapleton, Mcri-ick, Glynn, etc., se réunirent à l'hôtel d Essex pour aviser aux moyens de déjouer un si dangereux ennemi. Après une longue conférence, ils résolurent de consulter Wliitelocke et Maynard, tous deux savants jurisconsultes, accrédités dans la Chambre, et qu'ils avaient lieu de croire favorables à leur cause. On allâtes chercher de la part du lord général, presque au milieu de la nuit, sans leur dire de quoi il s'agissait. Ils arrivèrent un peu agités du sujet, et de l'heure, et de la forme de la convocation. Après quelques compliments : a Messieurs, leur dit lord Lowden, a chancelier d'Ecosse, vous savez que le heutenant
* Le 13 septembre 1644. Baillie, Letters, t. II, p. 57, 61. — Joumah ofthe House ofCommons, 13 septembre.
• Wbitelocke, p. 111. — Jounxals of the House of Lords, 28 ao« Tembre 1644.— Qlarendon, Ilist. ofthe rebell., t. VII, p. 253.