LES PRESBYTÉRIENS VEULENT
« général Cromwell n'est pas de nos amis, et que, dea puis l'entrée de nos troupes en Angleterre, il a tout « fait pour nous décrier et nous nuire; vous savez « aussi qu'il ne veut pas plus de bien à Son Excellence « le lord général que nous avons, \ous et nous, tant a de raisons d'honorer; enfin, vous n'ignorez pas a qu'aux termes de notre covenant solennel, quiconque « jouera, entre les deux royaumes, le rôle d'incendiaire a doit être poursuivi à l'instant : selon la loi d'Ecosse, « le mot incendiaire désigne celui qui sème la discorde « et cherche à exciter des troubles funestes. Nous désic( rons savoir de vous s'il a le même sens dans la loi a anglaise, si le lieutenant général Cromwell ne mé- « rite pas, à votre avis, la qualification d'incendiaire, « et comment, s'il la mérite en effet, on doit procéder « contre lui. »
Les deux jurisconsultes se regardèrent; on attendait leur réponse. Après quelques moments de silence : « Puisque personne ne prend la parole, dit Whitelocke, « pour prouver ma soumission à Son Excellence, j'es- « sayerai de dire humblement et librement mon avis a sur les questions que milord chancelier nous a si « clairement posées. Le mot incendiaire a chez nous le « même sens que dans la loi d'Ecosse ; mais si le heu- « tenant général Cromwell mérite ce nom, c'est ce a qu'on ne peut savoir que par la preuve qu'il a réelle- « ment fait ou dit des choses tendant à susciter la dis- « corde entre les deux royaumes, ou des troubles parmi « nous. A coup sûr, ni vous milord général, ni vous