‹ Histoire de Charles IerChapitre 34 sur 151 · A OXFORD (NOVEMBRE 1G · texte numérisé non relu

A OXFORD (NOVEMBRE 1G

« et de siini)lcs particuliers, mes fidèles sujets, que je K vous demande votre oiiinion.— IIollis. Comme sim- « pks particuliers, Votre Majesté doit trouver que nous « en avons usé bien librement; quant à votre réponse, « sire, la meilleure serait de revenir en personne au « milieu de nous. — Le Roi. Comment {)ourrais-je rea tournera Londres avec sûreté? — Hollis. J'ai la con- « fiance qu'il n'y aurait pour Votre Majesté aucun 0 danyer. — Le Roi. C'est une question, et je suppose « que les maîtres qui vous ont envoyés veulent une « {Mompte réponse à leur message. — Wiiitelocke. La « plus prompte et la meilleure réponse serait, à coup « sur, l'apparition de Votre Majesté dans son Parlement. « — Le Roi. Passons là-dessus. Permettez-moi, mon- « sieur IIollis et monsieur ^Vhitelocke, de vous i)rier a d'entrer dans la chambre voisine, d'y conférer un « moment ensemble, et de mettre par écrit ce qu'à « votre sens je dois répondre à ce message, ce qui « avancei a le plus sûrement la bonne œuvre de la « paix. — IIollis. Nous obéirons à Tordre de Votre Ma- « jesté. »

Ils passèrent tous deux dans la chambre désignée; et, aj)rès quelque hésitation, AVhiteloekc rédigea, mais en déguisant avec soin son écriture, l'avis que le Roi leur demandait; puis, laissant le pai)ier sur la table, ils revinrent dans l'appartement. Le Roi entra seul dans la pièce dont ils sortaient, prit le pai)ier, revint à son tour, traita fort gracieusement les deux commissaires, et se retira. Ils retournèrent aussitôt à leur auberge, et gar-

dèrent avec leurs collègues un profond silence sur ce qui venait île se passer *.

Trois jours après -, le Roi manda le comité, et remettant à lord Denbigh un papier cacheté et sans adresse : « Ceci, dit-il, est ma réponse; portez-la à ceux qui voue 0 ont envoyés. » Surpris de cette forme inusitée et de trouver le Roi si obstiné à ne point donner aux Chambres le nom de Parlement, le comte demanda la permission de se retirer un moment avec ses collègues, pour délibérer sur ce qu'ils avaient à faire. « Pourquoi « délibérer? dit le Roi, vous n'avez point de pouvoirs « pour traiter ; vous me l'avez dit vous-mêmes en arri- « vant, et je sais que depuis vous n'avez point reçu de « courrier. » Lord Denbigh insista, alléguant que le comité aurait peut-être des observations à présenter à Sa Majesté. « Messieurs, dit vivement le Roi, je recevrai c tout ce que vous aurez à me dire de Londres, mais « rien des imaginations et des chimères que vous avez a pu amasser à Oxford : avec votre permission, vous « ne m'attraperez pas. — Sire, reprit le comte, nous « ne sommes pas gens à attraper personne, encore « moins Votre Majesté. — Je ne dis pas cela pour vous, c — Que Votre Majesté nous permette du moins de lui a demander à qui ce papier est adressé. — C'est ma « réponse : je vous la remets, vous devez la prendre, « fût-ce uno chanson de Robin Hood. — L'affaire qui

* Whitelûcke, p. 128. —Mémoires de Hollis, p. 55 eteuiv.

• Le 27 novembre ltj44.

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