LES NEGOCIATIONS SONT TRANSFEREES
Il ne contenait que la demande d'un sauf-conduit pour le duc de Richemond et le comte de Soutliampton, par qui le Roi promettait d'envoyer sous peu de jours une réponse expresse et détaillée. Le sauf-conduit fut aussitôt accordé; et dès leur arrivée •, les deux lords eurent audienceMls n'apportaient encore aucune réponse ; leur mission officielle se bornait à demander que des conférences fussent ouvertes^ et des négociateurs nommés de part et d'autre pour traiter de la paix. Mais, ce message remis, ils restèrent à Londres ; le bruit se répandit qu'une foule de gens suspects y arrivaient; plusieurs membres des Chambres avaient avec les deux loi-ds de fréquentes entrevues. Le Conseil commun, où dominaient les indépendants, manifesta de vives inquiétudes. On engagea les deux lords à partir; ils tardèrent encore, sous de frivoles prétextes. L'agitation croissait; les passions du peuple menaçaient d'éclater plus tôt que ne pouvaient réussir les intrigues de parti. Pressés par les amis mêmes de la paix, les deux lords retournèrent enfin à Oxford^, et, trois semaines après leur départ, il fui convenu que quarante commissaires, vingt-trois au nom des Pai-lements des deux royaumes, et dix- sept au nom du Roi, se
caractère officiel du premier de ces documents, évidemment concerté entre les commissaires pour qu'il fût tel qu'il convesait aux Chambres et à la situation. {Parliam. Hist., t. Ili, col. 309.— May, Hist. du Long Pari., t. II, p. 280, note 1.)
1 Le 14 décembre 1644.
• Le 16 décembre.
> Le 24 décembre.
À UXBRrbGÈ (JANVIER 1645). 75
réuniraient à Uxbridge pour débattre régulièrement les conditions d'un traité *.
Mais, pendant que les presbytériens préparaient la paix , les indépendants s'emparaient de la guerre. Le 9 décembre, la Chambre des Communes s'était assemblée pour prendre en considération les souffrances du royaume, et y cliercher quelque remède : nul ne demandait la parole ; tous semblaient s'attendre à quelque mesure décisive dont chacun \oulait éluder la responsabilité. Après un long silence, Cromwell se leva : « C'est maintenant le jour de parler^ dit-il, ou il faut se « taire à jamais. Il ne s'agit de rien moins que de sauce ver une nation tout ensanglantée, presque mourante, « du déplorable état où l'a déjà réduite la longue durée « de la guerre. Si nous ne menons cette guerre de « quelque façon plus énergique, plus rapide, plus effia cace ; si nous nous conduisons comme des soldats de 0 fortune sans cesse api)liqués à faire filer la guerre, le « royaume se lassera de nous, et prendra en haine le « nom de Parlement. Que disent nos ennemis? Bien « plus, que disent beaucoup de gens qui étaient nos a amis à l'ouverture de ce Parlement? Que les membres « des deux Chambres ont gagné de grands emplois et « des commandements, et qu'ils ont l'épée entre leurs a mains, et que, par leur influence dans le Parlement 0 et leur autorité dans l'armée, ils veulent se per[»étuer
t Riishworth, part, III, t. II, p. 841-84(5.— PaWam. Hist..t. Ut, col. 315-3^0. -Clarendoii.iiwt. oflhe rebeli., *. VII, p. -Ml.