‹ Histoire de Charles IerChapitre 37 sur 151 · CROMWELL PROPOSE I · texte numérisé non relu

CROMWELL PROPOSE I

a dans leur giandeiir, et qu'ils ne permettront pas que « Ja guerre finisse, de peur que leur pouvoir ne finisse « avec elle. Ce que je dis ici de nous, en face de nous « tous, les autres le murmurent derrière nous et parce tout. Je suis loin den faire aucune application à per- « sonne; je connais le mérite des généraux, membres « des Cliambres, à qui le commandement est confié; « mais pour décharger toute ma conscience, si l'armée « n'est pas gouvernée de quelque autre façon, si la « guerre n'est pas conduite avec plus de vigueur, le « peuple ne la supportera pas plus longtemps, et vous « forcera à quelque paix honteuse. Que votre prudence K se garde bien d'élever, contre aucun commandant en « chef et pour quelque sujet que ce soit, aucune accua sation, aucune plainte; j"ai à me reconnaître coupa- « ble moi-même de bien des fautes, et sais combien, à a la guerre, il est difficile de les éviter. Bannissons « toute idée d'enquête sur les causes du mal, et apph- « quons-nous à chercher le remède; nous avons tous, « je l'espère, le cœur assez anglais pour qu'aucun de « nous n'hésite à sacrifier au bien public son intérêt « personnel, et ne s'offense de ce que décidera le Par a lement.— Il est vrai, reprit aussitôt un autre membre; a quelle qu'en soit la cause, voilà deux campagnes tera minées, et nous ne sommes point sauvés. On dirait G que nos victoires, ce prix d'un sang inestimable, si a vaillamment remportées et, qui plus est, si gracieu- « sèment accordées par le Seigneur, ont été mises dans « un panier percé; ce que nous gagnons une fois, noui

RÉORGANISATION DE L'ARMÉE (9 décembre 1644). 77

« le perdons une antre ; les succès de l'été ne servent « qu'aux entretiens de 1 hiver : la partie finit avec Tau - « f oinne ; il faut la recommencer au printemps, comme « si le sang répandu n'était destiné qu'à engraisser le « champ de la guerre, pour y faire croître une plus « ample moisson de combats. Je ne veux rien décider ; « mais la division de nos forces sous divers chefs et le « défaut d'harmonie entre eux ont nui grandement au a service public. — Il n'y a qu'un moyen de finir tant « de maux, » dit Zouch Tate, fanatique obscur, et que l'importance de sa proposition ne tira point de son obscurité :-« c'est que chacun de nous renonce fran- « chement à soi-même. Je propose qu'aucun membre « de l'une ou de l'autre Chambre ne puisse, duianl a cette guerre, posséder ni exercer aucune charge ou « commandement militaire ou civil, et qu'une ordon- « nance soit rendue à cet effet*. »

La proposition n'était pas inou'ie : déjà, l'année précédente % une idée semblable avait été exprimée, bien qu'en passant et sans effet, dans la Chambre haute' ; et naguère même *, par égard sans doute pour la clameur publi(jue, la Chambre des Communes avait ordonné une enquête sur le nombre et la valeur des emplois de tout

* Rushworth , part. IV, t. I, p. 3-5. — ParUam. Hist., t. III, col. 3-26.— Clarendon, JTist. off/ie reie//., t. VII, p. 258 et suiv. Son récit est évidemment inexact.

» Le 12 décembre 1043.

s Parliam. Hist. , t. III. coL 187.

* 1.6 14 novembre 1644. Joumals of the Ilouae of Common^-

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