‹ Histoire de Charles IerChapitre 38 sur 151 · DÉBAT DE L'ORDONNANCE DE · texte numérisé non relu

DÉBAT DE L'ORDONNANCE DE

genre occupés par des membres du Parlement. Soit dessein, soit embarras, les presbytériens bésitèrent à repousser dès le premier moment la motion de Tate, et elle passa presque sans objection. Mais le surlendemain, quand elle reparut sous la forme d'une ordonnance définitive, •e débat fut long et violent, et il se renouvela quatre fois en huit jours'. 11 était clair qu'il s'agissait d'enlever aux politiques modérés, aux presbytériens, aux premiers chefs de la révolution, le pouvoir exécutif, de les confiner dans les salles de Westminster, et de faire une armée étrangère au Parlement. La résistance recommençait à chaque séance, chaque fois plus passionnée. Quelques hommes même, qui avaient coutume de ménager le parti indépendant, se prononcèrent contre la mesure. « Vous savez, dit entre autres Whitelocke, « que, chez les Grecs et les Romains, les plus grands « offices, militaires ou civils, étaient confiés aux séna- « leurs : on pensait qu'unis d'intérêt avec le sénat, « témoins de ses délibérations, ils comprendraient a mieux les affaires publiques, et seraient moins tentés « de manquer de foi. Ainsi ont fait nos ancêtres; de « tout temps ils ont regardé les membres du Parlement « comme les hommes les plus propres aux charges « éminentes : suivez leur exemple, je vous en conjure, « et ne vous privez pas volontairement de vos plus sûrs, « de vos plus utiles serviteurs-. » D'autres allèrent plus

» Les 11, 14, 17 et 19 décembre.

« Whitelocke, p. 114.

RENONCEMENT A SOI-MÊME (décembrb 1644). 79

loin, etdénoncèrent ouvertement l'ambilion cachée de leurs rivaux. « On parle, dirent-ils, de renoncement à « soi-même; ceci sera le triomphe de l'envie et de l'in- « térct personnel *. » Mais le pubhc portait à ces prédictions peu de confiance : le parti presbytérien était usé, décrié; quiconque n'en était pas le voyait tomber sans regret. Quoique les indépendants fussent fort loin d'être en majorité dans la Chambre, leur proposition sortit victorieuse de toutes les épreuves qu'elle eut à subir : en vain, pour dernière tentative, les amis d'Esscx demandèrent qu'il fût seul excepté de l'interdiction qu'elle prononçait; leur amendement fut rejeté; et, le Î21 décembre, l'ordonnance, définitivement adoptée, fut transmise à la Chambre des Lords K

Les presbytériens avaient là toute leur espérance : l'intérêt de la Chambre à repousser la mesure était impérieux ; presque tous ses membres en étaient atteints; elle y devait perdre ce qui lui restait de pouvoir. Mais c'était là aussi, dans l'opinion publique, une cause do discrédit et de faiblesse. Pour en atténuer l'effet, pour se laver du soupçon de connivence avec la cour d'Oxford , pour décourager les complots royalistes toujours prompts à renaître, surtout pour complaire aux passions du peuple presbytérien, les chefs du parti, au moment où ils essayaient d'arrêter la révolution, lui offrirent des concessions et des victimes. Quatre procès.

* Whitelocke, p. 115.

• Le 17 dtceuibrc, par cent voix contre quatre-vingt-treize.

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