‹ Histoire de Charles IerChapitre 42 sur 151 · DÉMISSION (I" AVRIL · texte numérisé non relu

DÉMISSION (I" AVRIL

à devancer leur faiblesse, il annonça qu'il voulait donner sa démission, et, le l" avril, se levant dans la Chambre haute, un papier à la main, car il était tout à fait inhabile dans Tari de i)arlcr * : « Milords, dit-il, j'ai accei)té « cette grande charge par obéissance aux ordres des « deux Chambres; j'ai pris en main leur épée; et j'ose « dire que, depuis trois ans, je vous ai fidèlement ser- « \is, sans échec, je l'espère, pour mon honneur, sans « dommage pour le public... Je vois maintenant, par « l'apparition de toutes ces ordonnances, que la Chama bre des Communes souhaite que ma commission « expire. Si j'ai tant tardé à la remettre moi-même, ce « n'est point par aucun motif personnel, quels que « soient les propos qu'on en fasse courir. Beaucoup de « personnes n'ignorent pas que je le voulais faire après a la délivrance de Glocester, et que des instances fona dées, me dit-on, sur le bien public, me firent seules « renoncer à ce dessein. Je l'accomplis maintenant; je « rends ma commission aux mains de qui je lai reçue, a et souhaite sincèrement que ce soit, aux maux qui a nous travaillent, un aussi bon remède que quelques « personnes semblent le penser. Il n'y a, je crois, point « d'inconvenant orgueil à prier les Chambres (jue ceux « de mcsofliciers qui seront misa l'écart reçoivent, « pour se soutenir, une portion des arrérages qui leur « sont dus, et que le reste leur soit garanti sur la lui « pubUcpie.... Milords, je sais (jue, d.uis le triste étal de

» Clarcndon, Ilist. oftherebcU., t. VIII, p. 7.

ià DÉMISSION D'ESSEX.

« nos affaires, les méfiances ne peuvent être évitées; « cependant il serait, je crois, de la sagesse comme de « la charité, d'y mettre quelques limites, assez du « moins pour qu'elles n'amènent pas notre ruine. J'es- « père que de ma part cet avis ne paraîtra pas hors de tt saison; il ne vient que de mon dévouement au Par- (! lement, dont je souhaiterai toujours, et du fond du « cœur, la prospérité, quoi qu'il m'en puisse arriver. « Je ne suis pas en ce genre l'unique exemple de la « destinée que je subis ^ »

Ce discours, si triste et si digne, fit dans la Chambre haute l'effet d'une délivrance. Elle se hâta d'informer les Communes qu'elle adoptait sans amendement leur nouvelle ordonnance sur la réorganisation de l'armée. A l'instant même, les comtes de Denbigh et de Manches ter donnèrent, comme Essex, leur démission. La Chambre vota en leur faveur, pour ce patriotique sacrifice, des remercîments et des promesses auxquelles les Communes s'empressèrent d'adhérer. Dès le lendemain % une ordonnance de renoncement à soi-même, un peu différente de la première , mais qui avait les mêmes résultats, passa sans obstacle dans la Chambre haute ^; et beaucoup de gens se féhcitèrent de voir enfin terminer cette lutte qui leur avait causé tant d'effroi.

* Parliam. Hist., t. III, col. 352* t Le3 avril 16i5.

8 Pal iiam Hist., t. III , col. 353, 355. Voyez les ÊclaircistèinetiU ti Piècts histori-ques, n° III.

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