‹ Histoire de Charles IerChapitre 44 sur 151 · CROMWELL EST MAINTENU · texte numérisé non relu

CROMWELL EST MAINTENU

« questions, répondit Hydc, ne se peuvent résoudre « qu'au jour de la nécessité. » Et, le A mars, le prince et ses conseillers prirent congé du Roi qu'ils ne revirent jamais K Mais, un mois après, quand on sut à Oxford quels obstacles rencontrait la réorganisation de l'armée parlementaire, quand on vit des régiments en insurrection et les officiers les plus illustres à l'écart, la confiance et la gaieté reparurent parmi les Cavaliers. Bientôt ils ne parlèrent plus qu'avec dérision de cette cohue de paysans et d'artisans prédicateurs, insensés au point de chasser les généraux dont le nom et l'habileté avaient fait leur force , et commandés maintenant par des officiers aussi obscurs, aussi novices que leurs soldats. Les chansons, les quolibets , les calembours se renouvelaient chaque matin contre le Parlement et ses défenseurs ; et le Roi, en dépit de sa gravité, se laissait persuader à ces commodes arguments ^ Il avait d'ailleurs de secrètes espérances, nées d'intrigues qu'ignoraient môme ses plus intimes affidés.

Vers la fin d'avril, Fairfax annonça que, sous peu de jours, il ouvrirait la campagne. Cromwell arriva à ^Yindsor pour baiser, dit-il, la main du général, et lui apporter sa démission. En le voyant entrer dans sa chambre : « Je viens de recevoir, lui dit Fairfax, du « comité des deux royaumes, un ordre qui vous touche;

1 Clarendon , Mémoires, t. I, p. 257-266, dans ma Collection, Eist. oftherebeU., t. VII, p. 321-326.

2 May, Hist. du Long Pari, t. II, p. 303, dans ma Collection.— Mémoires de Ludlow, t. I, p. 172,t6»i.

DANS SON COMMANDEMENT (avril 1645). 99

« il VOUS charge de vous porter siir-le-champ, avec « quelques escadrons, sur la route d'Oxford à Worccs- « ter, pour intercepter les communications entre le « prince Robert et le Roi ', » Le soir même Cromwell était parti; et en cinq jours, avant qu'aucun autre corps de la nouvelle armée se fût mis en mouvement, il avait battu les royalistes en trois rencontres *, pris la place de Blcchington *, et rendu compte aux Chambres de ses succès*. « Qui donc m'amènera ce Cromwell, « mort ou vif? » s'écria le Roi % tandis qu'à Londres on se félicitait qu'il n'eût pas encore donné sa démission.

A peine une semaine s'était écoulée, et déjà le Parlement avait décidé qu'il ne la donnerait point. La campagne avait commencée Le Roi, sorti dOxford \ avait rejoint le prince Robert, et s'avançait rapidement vers le nord , soit pour faire lever le siège de Chester, soit pour combattre l'armée écossaise, et reprendre de ce côté ses anciens avantages : s'il y réussissait, il demeurait libre de menacer à son choix l'est ou le midi; et

1 Sprigg, Anglia rediviva, p. 10 (in-folio, Londres, 1G47). — Rushworth, part. IV, t. I, p. 23.

2 Le 24 avril à Islipbridge, le 26 à Witney, et le27 h Bambton- Bush.

• Le 24 avril.

» Parliam. Hist., t. III, col. 359. — Rusliworlh, part. IV, t. i, p. 24.

» Banks, A crilical Review, etc., p. 23.

• Le 30 avril .

^ Le7 mai.

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