‹ Histoire de Charles IerChapitre 46 sur 151 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

ce nouvel ennemi; déjà l'ordre était donné et la troupe en mouvement, quand le comte de Carnewarlh, Écossais;, (jui galopait à côté du Roi, saisit tout à coup la bride de son cheval , et s'écria en jurant : « Vous « voulez donc vous faire tuer? » le détourna brusquejuent à droite. Les Cavaliers les plus rapi)rocIiés du Roi firent comme lui, sans en comprendre la raison; les autres suivirent, et en un clin d'oeil le régiment tout culier tourna le dos à l'ennemi. La surprise devint terreur; tous se dispersèrent dans la plaine, les uns pour fuir, les autres pour retenir les fuyards. Cliarles, au milieu d'un groupe d'officiers, criait en\ain : « Arrèlez! arrêtez! La débandade ne se ralentit qu'à la vue du prince Robert, de retour enfin sur le champ de bataille avec ses escadrons. Un corps assez nombreux se reforma alors autour du Roi, mais de Cavaliers en désordre, fatigués, troublés, abattus. Charles, l'épée à la main, les yeux ardents, le désespoir dans tous les traits, se lança deux fois en avant, criant de toutes ses forces : « Mes- « sieurs! encore une charge, et nous regagnons la « journée! » Nul ne le suivit; rinCaulerie, partout enfoncée, était en pleine déroute ou déjà prisonnière : il fallut fuir; et le Roi, avec deux mille chevaux environ, gc jeta du ctMé de Leicester, laissant son artillerie, ses munitions, ses bagages, plus de cent drapeaux, son propre étendard, cinq mille hommes et tous les papiers de son cabinet au pouvoir du Parlement '.

» Rusljrorth, part. IV, t. I, p. 42-44. — Claroiulon, llist. of thé

Page 1