SUCCÈS DE MONTROSE EN ECOSSE
ment d'Ecosse retenait en prison étaient lil)res; tous les hommes timides qui, pour se déclarer, avaient attendu le succès, le marquis de Douglas, les comtes d'Annandale et de Linlithgow, les lords Seaton, Drummond, Erskine, Carnegie, etc., se pressaient maintenant de se devancer mutuellement, craignant d'arriver trop tard. Les chefs parlementaires fuyaient de tous côtés, les uns en Angleterre, les autres en Irlande \ Enfin la cavalerie de l'armée écossaise qui assiégeait Hereford était rappelée en toute hâte, sous les ordres de David Lesiey, au secours de sa patrie. Quelques-uns dirent même que naguère, quand Lesiey avait paru aux environs de Doncaster, bien loin de chercher à combattre le Roi, il était en marche vers l'Ecosse, et qu'on avait eu grand tort de s'épouvantera
A ce glorieux récit, Charles ranimé partit sur-lechamp d'Oxford^ pour marcher contre l'armée écossaise, profiter de son aifaiblissement, la contraindre du moins à lever le siège de Hereford. Dans sa route, en passant à Ragland, il fut informé que Fairfax venait d'investir Bristol, la plus importante de ses possessions
i Rushworth, part. IV, t. I, p. 230.— Guthry, Mfmoirs, etc., p. 189 et suiv.
* Rushwortb.part. IV, t. I, p. 231. — Clarendon , Hist. of the relell., t. VIII, p. 115, 116. Lesiey avait quitt,'- le siège de Hereford dans les premiers jours d'août, et la bataille de Kilsyth n'eut lieu que le 15. Il s'était donc évidemment détaché de l'ar^iée écossaise pour poursuivre le Roi, et ne pouvait être encore rap» pelé au secours de son pays.
3 Le 31 août 1645.
REDDITION DE BRISTOL (11 septembre IG 15). 131
flans l'ouest; mais la place était forte, le prince Robert la dc'Iendait a\ec une bonne garnison, et promettait d'y tenir quatre mois : le Roi ne s'en inquiéta point. Encora à une journée de Hereford, il apprit que les Écossais, au bruit de son approche, avaient levé le siège, et se retiraient précipitamment vers le nord. On le pressa de les poursuivre; ils étaient troublés, fatigués, en désordre, traversaient un pays mal disposé pour eux; il suffisait peut-être de les harceler pour les anéantir. Mais Charles était fatigué lui-même d'une activité qui surpassait sa force. 11 fallait, dit-il, qu'il se portât au secours de Rristol, et en attendant l'arrivée de quelques troupes rappelées de l'ouest dans ce dessein, il retourna au château de Ragiand, attiré par le charme de ce séjour, ou pour s'occuper avec le marquis de ^Yorcester de la grande et mystérieuse affaire qu'ils conduisaient en commun \
A peine arrivé, il reçut la nouvelle la plus inattendue : le prince Robert avait rendu Bristol *, au premier assaut, presque sans résistance, quand rien ne lui man- (piait, ni les remparts, ni les vivres, ni les soldats. Charles fut consterné; c'était sa ruine dans l'ouest et le plus amer mécompte. Il écrivit au prince' : « Mon « neveu, quoique la perle de Bristol soit pour moi un « rude coup, cei)endant la manière dont vous avez « rendu celle place me fait tout oublier. Que faire lors-
« Clarendon, Hist.ofthe rehclL, t. VIII, p. 117, 118. — Walker, p. 136— Rushwortl), part. IV, 1. 1, p. 1-'1-1Q3. • Le 11 septembre 1045. Rushworth, part. IV, t. I, p. 65-6Ô. ' De Heroford, le 14 sepfimbre.
122 REDDITION DE BRISTOL (II septembre 1645).
« qu'un Iiomme qui me (icnl de si près, par le sang et « par l'amitié, se résigne à une action si lâche (je me « sers des termes les plus doux)? à une action telle... « J'en aurais tant à dire que je me tais. Souvenez-vous « que, le J2 août, vous m'avez écrit que, s'il n'y avait « point de sédition dans Bristol , vous y tiendriez « quatre mois. Avez-vous tenu quatre jours? y a-t-il eu « même l'ombre d'une sédition? Je me hâte de con- « dure : mon désir est que vous alliez chercher votre « subsistance quelque part, outre mer, jusqu'à ce qu'il « plaise à Dieu de décider de mon sort. Je vous envoie « donc un passe-port. Je prie Dieu qu'il vous donne le « sentiment de votre situation et les moyens de rega- « gner ce que vous avez perdu. Une victoire, je vous c jure, ne me fera pas plus de plaisir qu'une bonne « raison de vous assurer sans rougir que je suis votre « oncle affectionné et votre fidèle ami, Charles, Roi\ » 11 écrivit le même jour à O\ford -, où le prince s'était retiré, pour ordonner aux lords du Conseil de lui redemander sa commission, de surveiller ses démarches, de d;.'stiluer le colonel William Legg, gouverneur d'Oxford, ami particulier de Robert, enfin d'arrêter le colonel et même le prince, si quelque trouble s'élevait dans la jjîace; et sa lettre finissait par ce post-scriplum : « Dites à mon fils que j'aurais moins de chagrin à ap- « prendre qu'il a été assommé qu'à lui voir faire une
i Clartndon, Eist. oftherebelL, t. VIII, p. 120. • Au secrétai-e d'Etat sir Edouard Nicholas.