TRAITE SECRET DU ROI AVEC
du peuple, qui souhaitait la paix. Mais ses ennemis avaient acquis naguère un moyen plus sûr de le décrier lui-même : ils annoncèrent solennellement qu'ils possédaient enfin la preuve de la fausseté de ses paroles ; qu'il venait de conclure avec les Irlandais, non une cessation d'armes, mais un traité d'alliance; que dix mille de ces rebelles, sous les ordres du comte de Glamorgan, devaient bientôt débarquer à Chester; que le prix de cet odieux secours était la complète abolition des lois pénales contre les catholiques, la liberté de leur culte, la reconnaissance de leur droit aux églises comme aux terres dont ils s'étaient emparés, c'est-à-dire le triomphe du papisme en Irlande et la ruine des protestants. Une copie du traité et plusieurs lettres qui s'y rapportaient avaient été trouvées dans la voiture de Tarchevèque de Tuam, l'un des chefs des insurgés, tué par hasard au milieu d'une escarmouche, sous les murs de Sligo '. Le comité des deux royaumes, qui, depuis trois mois, les tenait en réserve pour quelque occasion importante, les mit sous les yeux des Chambres; elles en ordonnèrent aussitôt la publication *.
Le trouble du Roi fut grand ; les faits étaient réels ; le Parlement ne savait même pas tout. Depuis près de deux ans ^, Charles conduisait en personne cette négo'
* Le 17 octobre 1645.
s Parliam. Eist., t. III, col. 42S. — Rush-vrorth , part. IV, 1. 1. p. 238 et suiv.
2 La première commission du Roi à Glaraorgan est du P'' avril 1C44.