TRAITE SECRET DU ROI AVEC
sidence du marquis de Worcester^ et de ces espérances mystérieuses qu'il laissait percer quelquefois au milieu de ses revers ^
On apprit presque en même temps à Oxford et à Dublin que le traité était connu à Londres. Ormond comprit sans peine quel coup en recevraient, dans son propre parti, les affaires du Roi. Soit que lui-même ignorât vraiment, comme il le dit, que Charles eût autorisé de telles concessions, soit plutôt qu'il voulût le mettre en mesure de les désavouer, il fit à l'instant arrêter Glamorgan', comme ayant outre-passé ses pouvoirs et compromis gravement le monarque en accordant aux rebelles ce que leur refusaient toutes les lois. Inébranlable dans son dévouement, Glamorgan se tut, ne produisit point les actes secrets, signés Charles, qu'il avait entre les mains, dit même que le Roi n'était point tenu de ratifier ce qu'il avait cru devoir promettre en son nom. Charles, de son côté, se hâta de le désavouer dans une proclamation qu'il adressa aux Chambres % et dans ses lettres officielles au Conseil de Dublin* : à l'en croire, Glamorgan n'avait d'autre mission que de recruter des soldats et de seconder les
1 M. Lingard a recueilli et présenté avec clarté tous les faits relatifs à cette négociation, dont les principales pièces originales sont entre ses mains. {Hist. ofEngl., t. VI, p. 537-541; note I, p. 655-664, édit. in-4°. Londres, 1825.)
* Le 4 janvier 1646.
» Le 29 janvier. Parliam. Hist., t. III, ccl. 435.
* Du 31 janvier. Carte, Orrnond's Life, t. III, p. 445-447.