‹ Histoire de Charles IerChapitre 65 sur 151 · DERNIERS REVERS DES ROYALISTES · texte numérisé non relu

DERNIERS REVERS DES ROYALISTES

As!lcy lai-même, après ime résistance acharnée, tomba au pouvoir de l'ennemi. 11 était vieux, fatigué du combat, et marchait péniblement; les soldats, touchés de SCS cheveux blancs et de son courage, lui apportèrent un tambour, il s'assit, et s'adressant aux officiers de Brcreton : « Messieurs, leur dit-il, vous avez fini votre « ouvrage; vous pouvez maintenant aller jouer, à moins « que vous n'aimiez mieux vous quereller entre vous*. » Cliarles n'avait plus que cette espérance ; il s'empressa de la tenler. Depuis longtemps déjà, et pendant qu'il comblait quelques chefs presbytériens de compromettants égards, il entretenait avec les indépendants, avec Vane surtout, intrigant aussi actif qu'enthousiaste passionné, de secrètes relations. Naguère même *, le secrétaire dÉtat Nicholas avait écrit à Vane pour le presser de faire en sorte que le Roi pût se rendre à Londres et traiter en personne avec les Chambres, lui promettant que, si elles exigeaient le triomphe de la disciphne presbytérienne, les royalistes se joindraient à ses amis « pour extirper du royaume cette domination tyrannia que, et se garantir mutuellement leur liberté ^ a On ignore ce que Vane répondit à cette lettre; mais, après la déroute d'Astley, le Roi lui-même lui écrivit : «Soyez a certain que toutes choses se passeront selon ma pro- « messe; par tout ce qu'il y a de cher à un homme, je

* Rushworlh, part. IV, t. I, p. 139-141. — 0/d Pnrl. Hiit. t. XIV, p. 297-302.

2 Le 2 mars 1(546.

• Evelyn's Memoirs, t. II, Appendice, p. 115.

DANS L'OUEST (janvier-mars 1616). 1«

« TOUS conjure de liâter vos bons offices; sinon, il sera « trop tard, et je périrai avant d'en recueillir le fruit. 1 Je ne puis vous dire toutes mes nécessites; mais je « suis sûr que, si je le faisais, vous laisseriez de côté « toute autre considération [)our vous prêter à mes déa sirs. C'est l;i tout; fiez-vous à moi : je récompenserai « pleinement vos services. J'ai tout dit. Si dansqua're « jours je n'ai pas de réponse, je serai contraint de « trouver quelque autre expédient. Que Dieu vous « guide! J'ai acquitté mou devoir'. » Il adressa en même temps un message aux Cliambrcs pour offrir de licencier ses troupes, d'ouvrir toutes ses places, et d'aller reprendre sa résidence à WliitehalP. .

A cette proposition, et sur le briiit que tout à coup, sans rien attendre, le Roi pourrait bien arriver, la plus vive alarme rét^-nadansNVestiuinsler : poliliipics ou fanati([ues, presbytériens ou indépendants, tous savaient que, le Roi àWliitehall, ce ne serait plus contre lui (|u'éclaleraient les émeutes de la cité; tous étaient également résolus de ne point tomber à sa merci. Ils prirent sur-le-cbamp, contre un tel jiéril, les mesures les plus violentes : défense fut faite de recevoir le Roi, ou de se rendre auprès de lui s'il venait à Londres, ou de fournir cà qui que ce fût le moyen de l'approch-r. Le comité de la milice reçut des pouvoirs pour empceber tout ras-

* Evelyn, t. II, Appendice, p. 110. — Clarendoii, Statc-Paper; i II, p. .!•.'?. La lettre est sans date et sans signature,

• Lu il aiirs 1016. ParHam.IIisl., t. III. coL 451.

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