FAIRFAX S'AVANCE POUR
semlileireiit, arrêter quiconque viendrait avec le Roi, prévenir toute affluence vers lui, mettre même au besoin sa propre personne à l'abri de tout danger. Les papistes, les délinquants, les officiers réformés, les soldats de fortune, quiconque aurait pris parti contre le Parlement eut ordre de quitter Londres sous trois jours *. Enfin une cour martiale fut instituée % et 1? peine de mort décernée contre toute personne qui entretiendrait, directement ou indirectement, des relations avec le Roi, ou qui viendrait sans passe-port d'un camp ou d'une place au pouvoir du Roi, ou qui recevrait ou cacherait quelque homme ayant porté les armes contre le Parlement, ou qui volontaii ement laisserait échapper un prisonnier de guerre, etc., etc. Jamais aucun acte des Chambres n'avait porté l'empreinte d'un tel elîroi.
Yane, de son côté, laissa la lettre du Roi sans réponse, ou du moins sans effet.
Cependant les troupes de Fairfax s'avançaient à grandes marches pour bloquer Oxford ; déjà le colonel Rainsborough et deux autres régiments étaient campés en vue de la place. Le Roi fit offrir à Rainsborough de se rendre à lui s'il voulait engager sa parole de le conduire aussitôt vers le Parlement. Rainsborough refusa. Sous peu de jours, le blocus ne pouvait manquer d'être complet; et quelle qu'en fût la durée, le résultat en était
1 Les 31 mars el 3 avril 1646. Parliam. Hid., t. III, p. 45^, 453. -Kushworth, part. IV, t. I, p. 21'J.
«Le 3 avril 1C16. Kushworth, part. IV, t. I, p. 252.
BLOQUER OXFORD (avril IG4G). !45
infaillible; le Roi tombait comme prisonnier de guerre aux mains de ses ennemis '.
Un seul asile lui restait à tenter, le camp des Écoissais. Depuis deux mois déjà, M. de Montreuil, minisire de France, touché de sa détresse plutôt que pour obéir aux instructions de Mazarin, travaillait à le lui ménager. Rebuté d'abord par les commissaires écossais en résidence à Londres, convaincu par un voyage à Edimbourg qu'il n'y avait rien à espérer du Parlement d'Ecosse, il s'était enfin adressé à quelques chefs de l'armée qui assiégeait Newark; et leurs dispositions lui avaient paru si favorables, qu'il avait cru pouvoir promettre au Roi % au nom et sous la garantie du Roi de France, que les Écossais le recevraient conune leur légitime souverain, le mettraient, lui et les siens, à l'abri de tout danger, concourraient même avec lui de tout leur pouvoir au rétablissement de la paix. Les incertitudes et les rétractations des officiers écossais, qui voulaient bien sauver le Roi, mais non se brouiller avec le Parlement, firent bientôt voir à Montreuil qu'il s'était trop avancé, et il se luila de le mander à Oxford. Cel)endant la nécessité, chaque jour plus pressante, rendait le Roi et Montreuil lui-même moins dilllcilcs; la Reine, qui, de Paris, avait aussi dans l'armée écossaise des relations et des agents, exhortait son mari à s'y confier.
« Clarcndon, llist. of the rchcll., t. VIII. p. 207. « Le 1" avril 1G4(3.